Conflit à la CCQ

Briseurs de grève et travail au noir?

Première publication 29 juin 2012 à 12h21
Mise à jour : 29 juin 2012 à 20h42
TVA Nouvelles et Agence QMI

Vendredi matin, plusieurs employés de la Commission de la construction du Québec (CCQ) ont manifesté leur mécontentement devant des bureaux de la CCQ, à Montréal. Ils reprochent à leur employeur de faire appel à des briseurs de grève, en plus de soutenir que le conflit qui perdure depuis plus d'un mois favorise le travail au noir sur les chantiers.

«La CCQ est devenue un véritable nid à scabs», a lancé Serge Cadieux du syndicat des employés de la CCQ.

Dans un communiqué émis vendredi matin, le syndicat a souligné les «conséquences néfastes» du conflit sur les services offerts aux travailleurs, et ce, «durant l'une des périodes les plus actives de l'année».

Parmi ces conséquences, le syndicat identifie notamment «le retard dans l'ouverture des nouveaux bassins et l'accès aux diplômés», «le retard de certains chèques de vacances» et «le non-paiement des prescriptions aux assurés», peut-on lire dans le même communiqué.

«Ce ne sont pas seulement 600 employés en grève, mais plus de 170 000 travailleurs qui ne reçoivent plus les services qu'ils continuent de payer à cause l'entêtement de Diane Lemieux (la présidente de la CCQ) à ne pas négocier et du silence complice de la ministre», estime le syndicat.

Travail au noir 

L'été est la période forte dans le secteur de la construction, ce qui concorde avec la sortie de nouveaux diplômés des bancs d'école. Or, cette année, le syndicat soutient qu'il est impossible pour ces nouveaux travailleurs d'obtenir leur certification afin de pouvoir œuvrer sur un chantier, ce qui favorise le travail au noir.  

«L'industrie de la construction est un levier économique important pour le Québec. Si ce conflit perdure, nous craignons grandement les conséquences» - Yves Ouellet, dg FTQ-Construction.

«Il y a à peu près 13 000 nouveaux étudiants qui s'apprêtent à entrer sur le marché du travail, explique Serge Cadieux. Ces gens-là, pour travailler dans l'industrie de la construction, doivent avoir une carte de compétence. Et ce sont nos gens en grève qui font l'émission des cartes de compétence.»

La réplique de Diane Lemieux

Selon la présidente-directrice générale de la CCQ, Diane Lemieux, l'appel aux briseurs de grève et la recrudescence du travail au noir sur les chantiers au Québec ne sont que «de la pure spéculation».

«Les inspecteurs ne sont pas visés par ce conflit de travail. Les inspecteurs [...] sont sur les chantiers. Les consignes sont claires : ils doivent noter tous les événements. [...] S'il y a des infractions à émettre, on va le faire», assure-t-elle.

En ce qui concerne le retard des chèques de vacances, elle affirme qu'ils «ont été postés le 21 juin dernier» et demande aux employés «d'attendre au 3 juillet avant de s'inquiéter, parce qu'il peut y avoir des délais.»

De plus, la PDG déclare que «travailleurs de la CCQ auront aussi leur paye de vacances, même s'ils sont en grève».

Diane Lemieux dit toutefois être consciente «qu'il y a des conséquences quant aux services qui sont donnés, parce qu'il y a moins de personnes.»

Soutien

Par solidarité pour leurs collègues en grève, les représentants syndicaux de la FTQ-Construction et de l'International ont refusé vendredi matin de participer au dépouillement du vote syndical dans l'industrie de la construction.

«Ce matin, devant la présence d'une ligne de piquetage des employés en grève de la CCQ devant le lieu de dépouillement des votes du scrutin pour changer d'allégeance syndicale, la délégation de sept observateurs de la FTQ-Construction n'a pas franchi le piquet de grève», a indiqué le syndicat, dans un communiqué.

Le directeur général de la FTQ-Construction, Yves Ouellet, exhorte la CCQ à reprendre les pourparlers avec ses 600 employés, en grève depuis maintenant un mois.

«L'industrie de la construction est un levier économique important pour le Québec. Si ce conflit perdure, nous craignons grandement les conséquences», a affirmé M. Ouellet.

Le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International) a aussi indiqué vouloir respecter le droit de grève des membres de les la CCQ.

«Nous devons, au nom de nos travailleurs, respecter leur situation et les mesures qu'ils ont prises. Le dépouillement du vote syndical est un moment important pour nous, mais nos convictions, nos principes et les valeurs de notre organisation priment», a indiqué Donald Fortin, directeur général de l'International.

Les travailleurs de la CCQ sont en grève depuis un mois. Le conflit porte notamment sur des coupures au régime de retraite et une réduction de la masse salariale.


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