La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) fera tout pour se faire entendre aux prochaines élections et ne nie pas qu'elle pourrait appuyer les étudiants dans leurs actions pour faire tomber le gouvernement.
Questionnée au sujet de l'appui que la CSQ offrira au mouvement étudiant, la présidente fraîchement élue, Louise Chabot, a confirmé ses intentions de soutenir les étudiants. Ses propos laissent également entendre que l'organisation syndicale pourrait afficher un ton un peu plus partisan qu'à l'habitude aux élections.
«Nous n'avons pas une culture de politique partisane, mais on a certainement une volonté de tout mettre en œuvre pour contrer la montée de la droite. On aura à faire un bilan du gouvernement et définir quelle est la meilleure stratégie pour qu'on soit assuré que des partis sont porteurs de nos valeurs», a-t-elle précisé.
Nouvelle présidente
Louise Chabot a succédé vendredi à Réjean Parent, après ses neuf ans à la tête de la CSQ.
Infirmière, Mme Chabot compte trois décennies de militantisme au sein de la CSQ. Elle siégeait au conseil exécutif de l'organisation syndicale de 190 000 membres depuis 2000.
La présidente ne cache pas qu'elle fait son entrée durant une période qui s'annonce «chaude». Elle place le conflit étudiant au cœur des priorités de la CSQ.
Mme Chabot doute que le gouvernement ait réellement voulu négocier avec les étudiants. «Je crois qu'on était à quelques heures d'un règlement. La question qu'on doit se poser: est-ce qu'on voulait vraiment un règlement ou on voulait profiter du conflit pour se donner du capital politique?» a-t-elle affirmé.
Projet de société
Le débat sur la question des frais de scolarité est au cœur du projet de société que souhaite mettre de l'avant la CSQ. Ce projet vise à revaloriser l'importance des services publics pour la société.
Pour l'ex-président Réjean Parent, un cri d'alarme est nécessaire pour que les citoyens cessent de dévaloriser l'importance des services publics. Il dit même que les troupes syndicales doivent «reprendre le bâton du pèlerin pour aller parler et expliquer cette vision à la population», a-t-il dit.
M. Parent, a assuré qu'il ne se retirait pas de la scène publique. «Je n'ai pas fini de parler. Là, un peu de repos, mais le citoyen Parent a encore des choses à dire.» Il n'écarte pas de se lancer dans le domaine médiatique, de l'enseignement ou en politique, pour suivre « son envie de communiquer».