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Le gouvernement Harper desserre les règles entourant l'émission de la carte de résident permanent, une pièce d'identité plastifiée créée dans la foulée des attentats terroristes pour accroître la sécurité nationale du pays.
La mesure, passée inaperçue, est entrée en vigueur le 30 avril, dans la foulée des compressions fédérales, a appris le Journal de Québec.
Dorénavant, les cartes de résident permanent sont postées directement aux demandeurs, sans qu'ils aient à se présenter en personne devant un agent de Citoyenneté et Immigration Canada (CIC).
La tâche de passer à la déchiqueteuse les cartes périmées revient maintenant aussi aux détenteurs, lorsque ceux-ci reçoivent leur nouvelle carte.
Ces modifications menacent carrément la sécurité nationale du pays, selon le représentant syndical de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), Patrick Leblanc.
«Maintenant, n'importe qui peut envoyer une demande de résident permanent au Canada sans qu'on ne sache vraiment à qui est envoyée la carte, a-t-il déploré. Ça a un impact majeur sur la sécurité nationale, car, à la limite, on pourrait accueillir un terroriste», a-t-il clamé.
La critique du NPD en matière de citoyenneté et d'immigration, Sadia Groguhé, est aussi d'avis que la «sécurité est mise à mal».
«Ça n'a vraiment aucun sens. [Le gouvernement] insiste et prévoit de nouvelles lois pour renforcer soi-disant la sécurité des Canadiens et parce qu'il y a une politique d'austérité en œuvre, la première des choses qu'ils font, c'est de ne plus tenir compte de cette sécurité», a-t-elle argué.
Au ministère, on répond qu'il s'agit d'un projet pilote et que l'évaluation des risques se fait maintenant au cas par cas.
On précise que les personnes qui représentent un risque plus élevé sont tout de même convoquées en entrevue. Aussi, un ratio de 10% des demandeurs, choisis au hasard, doit se présenter devant un agent pour recevoir leur carte.
«Citoyenneté et Immigration a déterminé que les avantages de ce projet pilote pour les demandeurs de la carte de résident permanent sont plus importants que les risques potentiels», a indiqué par courriel une porte-parole du ministère, Nancy Caron.
Elle ajoute que le ministère «surveillera étroitement la progression du projet pilote».
Ces changements sont liés à la fermeture récente de 19 bureaux locaux de Citoyenneté et Immigration au pays et la suppression du service direct au comptoir. Quatre bureaux dans la province ont ainsi fermé leurs portes, soit ceux de Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke et Gatineau et une quarantaine de postes ont été abolis.
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