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Alors que les rumeurs d'élections provinciales s'intensifient, les libéraux envahissent les médias sociaux et se sont abonnés à huit fois plus de comptes Twitter en quelques jours que lors des trois dernières années.
Entre le 25 juin et le 5 juillet, le nombre d'abonnements du compte officiel Twitter du Parti libéral du Québec (PLQ) est passé de 504 à 4070. Soulignons que cette hausse ne correspond pas au nombre d'abonnés qui suivent le parti, mais bien aux abonnés que le parti a commencé à suivre.
C'est donc dire que plus de trois mille internautes, dont plusieurs journalistes, groupes communautaires et militants politiques, ont appris que le parti allait soudainement s'intéresser et suivre leurs commentaires via le fil Twitter.
Une présence sur le Web remarquée, deux semaines après que le parti ait lancé la publicité à saveur électorale qui montrait Pauline Marois avec des casseroles.
Selon ce que le Journal de Québec a appris, la faiblesse du parti pour se servir de la tribune qu'offrent les réseaux sociaux a fait partie des discussions «précampagnes» qui ont eu lieu le 6 juin dernier, au Palais Montcalm. Jean Charest avait alors discrètement invité des membres du parti pour «parler du plan de match pour les prochaines élections».
La présence sur les réseaux sociaux est identifiée, par le parti, comme une stratégie nécessaire pour la prochaine campagne.
Directeur des communications au PLQ, Michel Rochette a admis que le parti avait un retard à rattraper. «Il faut être présent [...] On a joué peut-être trop de prudence dans les dernières années», a-t-il lancé.
«En étant prudent, ça a permis à des adversaires de ne plus se limiter dans le choix des mots et dans certains cas, de faire du salissage pur et simple [...] Souvent, on est férocement attaqué, puis les gens hésitent un peu à se défendre parce que c'est un univers dans lequel ils ont peur de faire des erreurs.»
M. Rochette a indiqué que des députés, des bénévoles, d'éventuels candidats et plusieurs employés du parti ont reçu des formations pour mieux utiliser les médias sociaux. Il concède que beaucoup d'élus du parti ont des comptes Twitter, mais «ils ne sont pas nombreux à les utiliser», reconnaît-il.
La présence soudaine des libéraux sur Twitter n'est rien d'autre qu'un «arsenal politique» et n'a rien à voir avec la volonté du PLQ de communiquer avec les citoyens, estime le député péquiste Bernard Drainville.
«Ça m'étonnerait que les libéraux aient tout d'un coup découvert les vertus de la communication citoyenne et qu'ils aient eu la même illumination. Selon moi, c'est la machine de guerre. C'est un ordre qui fait partie de la stratégie des libéraux pour livrer bataille », a-t-il indiqué en entrevue avec le Journal de Québec.
«Il n'y aucune vertu démocratique dans cette décision de se lancer sur Twitter. Ils le font puisqu'ils ont eu l'ordre de le faire.»
Selon lui, cette volonté d'être plus présents sur les médias sociaux est un autre signal clair que le parti s'est lancé dans les préparatifs électoraux. Le député, lui-même très actif sur les réseaux sociaux, s'inquiète d'ailleurs de la façon dont le parti utilisera la tribune.
«Regardez comment les libéraux s'en servent. Ils utilisent toujours les mêmes phrases du parti, ils ne font que relayer le message [...] Ils sont en train de corriger une erreur avec une autre erreur. Avant, ils n'étaient pas là et là, ils disent tous la même affaire en même temps», a-t-il poursuivi.
«Moi, personne ne me dit quoi penser ou m'écrit des lignes avant que j'écrive sur Twitter. Les libéraux sont là-dedans.»
L'experte en médias sociaux, Michelle Blanc, s'est dite impressionnée par cette action des libéraux. «Ça sonne: la direction des communications du parti s'est réveillée.»
Elle peine toutefois à croire que les libéraux seront en mesure de bien se servir de l'outil.
«Ça reste à voir, a-t-elle indiqué, car pousser ta «crap», c'est une chose, et dialoguer, ça en est une autre, mais il semble clair qu'ils prennent plus au sérieux Twitter. Je vous rappelle qu'Amir Kadhir a, entre autres, été élu à cause d'une forte présence sur Twitter lors des dernières élections. [...] Un des reproches fait au PLQ durant la crise étudiante, c'est qu'il n'était pas assez présent sur les médias sociaux. Est-ce qu'ils ont appris de tout ça? C'est possible.»
Avec la collaboration de Rémi Nadeau
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