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Au moment même où la vague de compressions budgétaires déferlait dans la fonction publique fédérale, en avril, 185 cadres de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) tenaient une rencontre de réflexion à Montréal, engendrant une note salée de 156 648$ pour les contribuables.
C'est ce que révèlent des documents obtenus par le Journal de Québec, en vertu de la Loi sur l'accès à l'information. Ces documents indiquent que cette rencontre de trois jours, intitulée Conférence de la haute direction, a eu lieu du 16 au 18 avril à l'hôtel Marriott Château Champlain, au centre-ville de Montréal.
La facture globale comprend des frais de déplacement par avion totalisant 38 817$ et des frais d'hébergement pour deux nuitées et les repas s'élevant à 117 832$.
En excluant les frais de transport, le coût total par cadre participant à la conférence était donc de 636,93$, incluant deux nuitées à 165,41$ chacune et un forfait repas de 306,11$.
Selon ce qu'indiquent ces documents, le président de l'Agence, Luc Portelance, s'est vu assigner une suite durant son séjour à l'hôtel.
Ironiquement, selon les informations confirmées, l'objectif de cette conférence était de regrouper les hauts fonctionnaires de l'Agence répartis à travers le pays pour discuter des mesures mises en place par le gouvernement Harper en vue de réduire le déficit fédéral. Ces compressions s'élèvent à 143 millions$ au sein de l'Agence et pourraient mener à l'élimination de centaines d'emplois.
Le Syndicat des douanes et de l'immigration, qui représente les employés visés par les compressions, avait vivement critiqué cette rencontre, lorsque mis au parfum de la situation en avril. Celui-ci a réitéré sa position, vendredi.
Au bureau du ministre de la Sécurité publique, responsable de l'Agence, Vic Toews, on assure que des mesures ont été mises en place depuis pour s'assurer que ce scénario ne se reproduise plus.
«Nous nous attendons à ce que plutôt que d'organiser des conférences dispendieuses, tous les ministères se tournent plutôt vers des téléconférences», a indiqué la porte-parole du ministre, Julie Carmichael.
Cette dernière maintient que lorsque le ministre a été avisé de la tenue de cette rencontre, il était déjà « trop tard pour l'annuler sans entraîner des frais importants».
Le député et porte-parole du NPD pour le Conseil du Trésor, Mathieu Ravignat, doute pour sa part que le ministre Toews n'ait pas été avisé plus tôt de la tenue de cette rencontre.
«Ce n'est pas une petite conférence ou une petite rencontre, mais bien une rencontre qui a coûté très cher. Un ministre devrait, à ce prix-là, être conscient de ce qui se passe dans son ministère», a-t-il lancé.
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