Réunion conservatrice

Un adolescent coupe la parole au ministre de l'Immigration

Première publication 15 juillet 2012 à 22h03
Un adolescent coupe la parole au ministre de l'Immigration
Crédit photo : Agence QMI
Bashir Mohamed, 17 ans, a voulu dénoncer la réforme conservatrice qui réduit l'accès aux soins de santé complémentaires et aux médicaments pour les réfugiés.
Par Matt Dykstra | Agence QMI

Un adolescent d'Edmonton a été arrêté samedi pour avoir tenté de prononcer un discours de son cru pendant une allocution du ministre canadien de l'Immigration, Jason Kenney.

Bashir Mohamed, 17 ans, a voulu dénoncer la réforme conservatrice qui réduit l'accès aux soins de santé complémentaires et aux médicaments pour les réfugiés. Lorsque M. Kenney a pris la parole, durant un barbecue réunissant 400 partisans conservateurs dans la capitale albertaine, le jeune homme a élevé la voix pour dénoncer la nouvelle politique conservatrice, se lançant dans un discours qu'il avait préparé. Il a été interrompu presque immédiatement par les agents de sécurité qui l'ont remis entre les mains de la police.

«Le ministre m'a regardé et il a semblé apeuré, a dit le militant. J'ai à peine eu le temps de dire ma première phrase, qu'un homme s'est précipité sur moi et a tenté de me pousser vers l'arrière.» Bashir Mohamed a été accompagné à la sortie du Musée de l'Aviation de l'Alberta où se déroulait l'événement.

Sur son compte Twitter, le ministre a affirmé dimanche qu'avant son discours il avait serré la main du jeune homme, mais que ce dernier ne lui avait posé aucune question ou dit quoi que ce soit.

Lui-même réfugié du Kenya, l'étudiant en Sciences politiques à l'Université de l'Alberta est arrivé au Canada avec ses parents en 1997 et il est devenu citoyen canadien l'an dernier. Il estime que ces coupes amoindriront les capacités d'accueil du Canada et que les urgences pourraient en subir les contrecoups si les réfugiés s'y rendent plus fréquemment avec des conditions de santé aggravées.

Une réforme assouplie

Avec les changements apportés au Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI), en vigueur depuis le 1er juillet, les réfugiés ne devaient plus avoir accès à la couverture médicale temporaire pour les soins de la vue, les soins dentaires et les médicaments. Toutefois, devant la critique du nouveau programme, les conservateurs ont assoupli leurs règles à la dernière minute, précisant que cette nouvelle mesure ne toucherait pas les réfugiés parrainés par le gouvernement.

«Nous n'avons jamais eu l'intention que cette politique ait un impact sur les réfugiés parrainés par le gouvernement, qui ont vécu dans des camps de réfugiés de l'ONU, qui arrivent au Canada à titre de résidents permanents, mais qui ne se qualifient pas immédiatement aux programmes sociaux provinciaux», avait déclaré le porte-parole du ministre, Alexis Pavlich, il y a deux semaines.

 
 
 
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