
TVA Nouvelles mène une série d'entrevues avec les chefs de différents partis politiques québécois. Pauline Marois, chef du Parti québécois, est la troisième d'entre eux à se prêter à l'exercice.
Alors que flotte un parfum d'élections persistant sur le Québec, la chef du Parti québécois (PQ) se prépare elle aussi à l'éventualité d'un scrutin dès septembre et dit miser sur les candidats qu'elle a réunis autour d'elle.
«Je vais avoir une équipe remarquable à présenter à la population québécoise», lance Pauline Marois avec assurance, insistant sur les candidatures «de très grande qualité et de très grande envergure» qui ont marqué le PQ ces dernières semaines.
Son parti n'étant pas reconnu pour être le plus clément envers ses chefs, craint-elle que ce soit difficile de gérer autant de têtes fortes? «J'aime mieux avoir ce problème-là que celui de Jean Charest. [...] Il me semble que c'est plus stimulant que d'avoir des gens qui sont un petit peu fatigués, qui n'ont pas le goût et qui n'ont pas d'envergure», répond-elle.
Les élus du Parti québécois se sont fait remarquer pour avoir porté le carré rouge en appui aux revendications étudiantes. Avec la candidature de Léo Bureau-Blouin dans la circonscription de Laval-des-Rapides, l'équation semble se confirmer.
«Nous nous sommes rangés surtout derrière la cause des étudiants et derrière ceux et celles qui la défendent», précise Mme Marois, qui réitère qu'il lui apparaît «déraisonnable» d'augmenter les droits de scolarité comme veut le faire Jean Charest.
D'ailleurs, si la cause n'est pas aussi populaire qu'elle le souhaiterait, c'est parce que Jean Charest «a divisé les Québécois sur la question du carré rouge», notamment en l'associant à la violence et à l'intimidation, estime la femme politique.
Pire encore: le premier ministre a attisé les braises avec une loi spéciale «ignoble» plutôt que de régler la crise, toujours présente «parce qu'il n'a pas trouvé de solution qui permettrait d'avoir un consensus».
«C'est le chaos depuis un an avec M. Charest», estime Pauline Marois.
L'ambivalence des électeurs au sujet de la question étudiante ne devrait pas mettre de bâtons dans les roues du PQ, croit la chef, puisqu'elle a le programme, l'équipe et les appuis qu'il faut pour la mener à former un gouvernement majoritaire, selon ses calculs.
Questionnée sur sa propre capacité à rallier les troupes, Mme Marois a dit miser davantage sur la solidité des idées et de l'équipe que sur tout autre élément. «On a eu des chefs qui ont ‘'pogné'' beaucoup, beaucoup, mais qui n'ont pas eu nécessairement de gros résultats. On a eu des chefs qui n'étaient pas nécessairement très aimés et qui ont failli nous faire gagner un référendum, et qui ont gagné une élection», a-t-elle illustré.
Et la souveraineté dans tout ça? Le Parti québécois entend bien garder cette préoccupation au cœur de ses préoccupations. «M. Charest est à genoux depuis 10 ans devant Ottawa et ça n'a strictement rien donné. [...] Nous pensons que l'on n'est jamais mieux servi que par soi-même», a déclaré la chef souverainiste, pour clore son passage sur les plateaux de TVA Nouvelles.
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