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L'augmentation draconienne du prix du maïs due à la sécheresse qui sévit aux États-Unis a une incidence directe sur la rentabilité et le revenu des producteurs québécois de porcs et de bovins.
Cette montée en flèche du prix de la moulée n'aura toutefois pas de conséquence directe sur le prix de la viande au consommateur, mais cause beaucoup d'inquiétudes chez les éleveurs.
«Il y a quatre ou cinq semaines, on payait la tonne de maïs 220 $, a affirmé David Boissonneault, président de la Fédération des producteurs de porcs du Québec. Aujourd'hui, c'est 340 $. Ç'a fait exploser notre coût de production d'une manière rapide et assez incroyable.»
Le coût de l'alimentation d'un porc, qui nécessite 300 kilos de moulée, dont plus de la moitié est constituée de maïs, représente 60 % de son coût de production.
«C'est sûr que ça ne tiendra pas longtemps comme ça, a poursuivi M. Boisonneault. Au Québec, on est autosuffisant en ce qui a trait aux grains, pour toutes nos productions. Par contre, les régions affectées fixent le prix mondial. Ça met une pression partout sur la planète. Majoritairement, on s'approvisionne avec du maïs du Québec et de l'Ontario, mais nos prix évoluent parallèlement avec ceux des États-Unis. Il y a seulement un petit jeu qui se fait sur le marché local, selon différents critères.»
«Sans nécessairement que le produit final soit plus cher au consommateur, la marge que les producteurs avaient pour exploiter leur entreprise n'existe plus, a expliqué de son côté Réal Daigle, directeur général adjoint à la Fédération des producteurs de bovins du Québec. L'absence de perspective de profits fait qu'ils vont liquider leurs inventaires de bovins, quitte à laisser leurs étables vides pour un moment, pour ne pas produire de bœuf à perte.»
Lorsque le prix redeviendra abordable, les producteurs de bovins devront reconstituer leur stock d'animaux. «C'est à ce moment-là que ça va créer une pénurie de la viande, et le prix augmentera, a continué M. Daigle. Ça peut être dans six mois, ou dans un an. Les récoltes dans l'hémisphère sud peuvent être catastrophiques, comme le contraire. Mais il semblerait que la sécheresse actuelle ait causé des dommages irréversibles.»
La sécheresse fait aussi en sorte qu'il manque de fourrage qui sert à nourrir les animaux dans la première moitié de leur vie. «Les producteurs doivent donc vendre à l'abattoir des vaches et des veaux, qui sont du matériel productif qui fait normalement partie de la structure de production, parce qu'ils ne sont pas en mesure de les nourrir. Ce qui crée un surplus de viande sur le marché. Ça n'augmente pas les prix aux consommateurs, ça a l'effet contraire», a-t-il conclu.
Pour le cas de la volaille, l'impact de la hausse du prix des céréales sera moindre, selon ce que prévoit Christian Dauth, directeur du marketing et des communications chez les Éleveurs de volaille du Québec. «Au cours du dernier mois, le prix du maïs a augmenté de 50 %, et le coût du soya a augmenté de 30 % au cours des deux derniers mois. Mais la part du producteur dans le prix total d'une poitrine de poulet, par exemple, est de moins de 5 %.»
Entre le producteur et le détaillant, lorsqu'il est question de découpes, il y a plusieurs intermédiaires, ce qui explique ce faible pourcentage.
«De plus, contrairement au bœuf et au porc, le taux de conversion, c'est-à-dire la quantité de grains requis pour produire un kilo de viande, est nettement meilleur dans le cas de la volaille, a poursuivi M. Dauth. Ce qui fait que l'impact de la hausse du prix des grains sera toujours moindre, car le ratio est faible, tandis que le porc et le bœuf en consomment beaucoup plus.»
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