Investiture de Jean Charest

Dernière étape avant la campagne

Première publication 31 juillet 2012 à 08h51
Mise à jour : 31 juillet 2012 à 21h39
TVA Nouvelles

Après des mois de valse-hésitation, Jean Charest a posé le dernier jalon vers la tenue d'élections provinciales en septembre. Le premier ministre a officialisé sa candidature dans la circonscription de Sherbrooke lors d'une assemblée d'investiture, mardi soir.

En quête d'un cinquième mandat consécutif à la députation, le chef libéral a profité de ce rassemblement pour galvaniser ses troupes. Ils étaient d'ailleurs plus de 800 militants à l'acclamer à l'hôtel Delta de Sherbrooke.

«Prenons le Parti québécois, je ne sais plus combien de chefs ils ont eu depuis que M. Charest est le chef du PLQ. Même dans les derniers mois, leur chef était même qualifiée, par ses propres députés, comme n'étant pas la meilleure des leaders»
Cette cérémonie à grand déploiement a permis au candidat Charest de faire quelques attaques en règles contre les candidats des autres partis.

Il s'en est pris notamment au Parti québécois, en l'accusant de s'opposer au Plan Nord. «Devant la contestation, ce n'est pas tout le monde qui a la même capacité de se tenir debout. Robert Bourassa s'est tenu debout quand il a décidé de faire la Baie James, il s'est tenu debout alors que le PQ disait ‘non, on est contre la Baie James'. Nous, on est pour le Plan Nord, et devinez quoi? Le PQ est contre le Plan Nord» a clamé Jean Charest.

Au moment où la plupart des militants croyaient son discours terminé, le premier ministre a fait un coup d'éclat et a présenté une cinquantaine de candidats du parti, qu'il a fait venir sur scène. «Voici les candidats du Québec pour le Québec» a-t-il déclaré en les dévoilant.

Lors de son discours, Jean Charest, à qui certains reprochent d'être peu présent dans sa circonscription, a parlé de son attachement pour sa région. Il a également mentionné que c'était la première fois qu'il faisait campagne sans son père, un moment émotif pour le chef des libéraux.

Une fois de plus, les troupes libérales ont voulu démontrer lors de ce rassemblement la force de leur unité. «Prenons le Parti québécois, je ne sais plus combien de chefs ils ont eu depuis que M. Charest est le chef du PLQ. Même dans les derniers mois, leur chef était même qualifiée, par ses propres députés, comme n'étant pas la meilleure des leaders» a mentionné en entrevue Jean-Marc Fournier.

Manifestation

Parallèlement à l'assemblée d'investiture, le mouvement Estrie contre la hausse a invité les citoyens à se rassembler à 18h au parc Jacques-Cartier, à Sherbrooke. Les quelque 250 participants à la marche se sont ensuite dirigés vers l'hôtel Delta, mais Jean Charest avait déjà quitté.

(TVA Nouvelles)

Cet évènement dans Sherbrooke est la dernière étape avant le déclenchement des élections, qui devrait être annoncé mercredi après le conseil des ministres.

Une lutte féroce dans Sherbrooke

Une chaude lutte est à prévoir dans le fief de Jean Charest, où Serge Cardin défendra les couleurs du Parti québécois (PQ) et Philippe Girard ceux de la Coalition avenir Québec (CAQ). Lors du scrutin de 2008, les libéraux avaient remporté la circonscription de Sherbrooke par moins de 2500 voix d'avance sur le candidat péquiste.

Les candidats des partis de l'opposition sont d'ailleurs gonflés à bloc à quelques heures du déclenchement probable des élections. «J'ai 31 ans, je suis relativement jeune. Beaucoup de gens peuvent s'identifier à moi et je gagne à être connu», signale Philippe Girard, un nouveau venu en politique qui espère siéger à l'Assemblée nationale aux côtés de François Legault.

En 2011, Serge Cardin s'est porté candidat à la députation fédérale dans Sherbrooke. (Archives Agence QMI)

De son côté, le candidat péquiste Serge Cardin migre de la scène fédérale vers la scène provinciale. Après une douzaine d'années passées à Ottawa sous la bannière du Bloc Québécois, il tient à justifier son choix. «La politique québécoise m'a toujours énormément intéressé parce que ce sont les politiques qui sont les plus près», souligne-t-il.

Le premier ministre est conscient que la bataille n'est pas gagnée d'avance. «Je vois ça d'un très bon oeil, affirme-t-il. Je m'attends à ce qu'il y ait une opposition, je m'attends à ce que ce soit une opposition qui soit forte. Et je m'attends de gagner», ajoute-t-il, sourire en coin.

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