Entrevue avec Jean Charest

«On veut du changement»

Première publication 1 août 2012 à 19h43
TVA Nouvelles

TVA Nouvelles mène une série d'entrevues avec les chefs de différents partis politiques québécois. Jean Charest, chef du Parti libéral, est le quatrième d'entre eux à se prêter à l'exercice.

Au premier jour officiel de la campagne électorale, Jean Charest semble avoir changé d'avis et place le conflit étudiant au cœur de son discours. «C'est incontournable, forcément», rétorque-t-il du tac au tac, en entrevue avec Pierre Bruneau.

«Ce n'est pas un sujet que j'avais invité dans ma vie, d'autant plus que depuis plusieurs mois maintenant, on a des manifestations, on a eu des gestes de violence, d'intimidation... Ça a été dur pour tout le Québec, alors on ne peut pas y échapper», justifie le chef du Parti libéral.

En avril dernier, alors que les perturbations étudiantes battaient leur plein, le premier ministre avait qualifié de «grotesques» les insinuations à l'effet qu'il profiterait de la crise sociale pour organiser un scrutin.

Aujourd'hui, il estime que le conflit entourant la hausse des droits de scolarité a défini la campagne «d'une manière [qu'il n'a] jamais vécue auparavant». Cet enjeu va «déterminer dans quelle société on veut vivre», explique M. Charest, avant de réitérer le choix qu'il faudra faire entre la loi et l'ordre - son parti - et la rue - le parti de Mme Marois.

«Depuis plusieurs mois, c'est la rue et c'est ceux qui parlent fort. Là, c'est tout le monde qui va parler», indique-t-il. À son avis, cette élection est unique, puisqu'elle «touche la fibre même de notre société».

Enveloppes brunes

Celui qui assimile son parti à l'ordre ne se démonte pas lorsqu'il est attaqué par ses adversaires sur les allégations de corruption qui flottent sur son gouvernement.

«La commission Charbonneau va faire son travail. Je peux vous dire qu'au Parti libéral, on fait bien les choses», laisse-t-il tomber pour clore le dossier du financement occulte des partis.

Il s'empresse ensuite de braquer les projecteurs sur la chef du Part québécois. «Qui a attaqué le témoin [Jacques] Duchesneau devant la commission Charbonneau? C'est Pauline Marois et le Parti québécois. Alors, on ne prendra pas de leçon de Mme Marois», laquelle, à son avis, «joue une cassette» dans ce dossier.

D'ailleurs, tient à préciser Jean Charest, les problèmes dans la construction existaient bien avant que le Parti libéral ne prenne le pouvoir.

La continuité dans le changement?

«Notre gouvernement en est un qui demande un nouveau mandat parce qu'on veut du changement, mais pour des bonnes raisons», a déclaré Jean Charest en entrevue à TVA Nouvelles.

Il mise donc sur l'emploi, l'économie et la prospérité pour attirer les électeurs, domaines dans lesquels il estime avoir fait ses preuves.

«On est très fiers de notre bilan. Sur le plan économique, le Québec a connu une période exceptionnelle», souligne le premier ministre, mentionnant au passage que l'Europe est en crise et que les États-Unis, tout comme les économies émergentes, connaissent plusieurs difficultés.

Même satisfaction en ce qui concerne son bilan en matière de santé. Jean Charest juge que les libéraux ont mieux fait que du temps de Pauline Marois et de François Legault, qu'il accuse d'avoir «démantelé» le système de santé. «On en paye encore le prix aujourd'hui», conclut l'homme.

«Paradis des familles»

M. Charest se fait cependant plus discret au sujet de la hausse possible du prix des garderies, qui pourrait passer de 7$ à 10$. Pour toute réponse, il indique qu'il a amélioré l'aide aux familles, que les revenus familiaux ont augmenté et que les familles québécoises sont celles qui payent le moins d'impôts au Canada.

«Nous aurons l'occasion d'en parler pendant la campagne électorale pour faire en sorte que le plus de familles possible aient accès aux soins de garderies», a-t-il annoncé, sans donner plus de détails.

Il reste un peu plus d'un mois à Jean Charest pour détailler ses intentions. Les élections, déclenchées ce mercredi, auront lieu à la rentrée, soit le 4 septembre prochain.

 
 
 
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