Appareils de loterie vidéo

Un vrai «jackpot» pour les tenanciers de bars

Première publication 7 août 2012 à 05h22
Un vrai «jackpot» pour les tenanciers de bars
Crédit photo : Agence QMI
Par Jean-Philippe Morin | Agence QMI

Les propriétaires de bars semblent toucher le «jackpot» avec les appareils de loterie vidéo dont ils récoltent 22% des profits engendrés, Loto-Québec n'en retirant que 78%.

Selon le rapport annuel 2011-2012 de Loto-Québec, la Société des loteries vidéo du Québec a réalisé un chiffre d'affaires de 998 millions$. Les détaillants ont obtenu 214 millions$ en commissions.

(Agence QMI)

«C'est certain qu'on fait beaucoup d'argent avec ça, mais on est conscient que c'est un fléau. Au moins, le gouvernement organise beaucoup de campagnes pour sensibiliser les joueurs», a expliqué le propriétaire d'un bar de Sorel-Tracy, qui a voulu garder l'anonymat.

Certains bars offrent des formations à leurs employés afin qu'ils sensibilisent les joueurs à se calmer lorsqu'ils s'emportent et tentent de «vaincre la machine». Cette formation a été offerte à plus de 26 000 propriétaires et employés de bars au Québec.

«Un genre de ticket modérateur»

«On offre un genre de ticket modérateur pour ceux qui ambitionnent, un genre de suivi avec notre employé, a expliqué le tenancier. On leur donne une tape sur l'épaule et on leur dit de revenir une autre fois. On leur rappelle que ça ne sert à rien de s'acharner. Ce sont pas mal toujours les mêmes qui reviennent, mais en général, ils sont à leur affaire et ils sont calmes.»

Selon Marie-Josée Somma, superviseure technique à la maison La Margelle qui se spécialise dans les dépendances et qui reçoit une trentaine de joueurs pathologiques chaque année, la dépendance au jeu n'a rien à avoir avec l'intelligence. Même que souvent, ce sont des universitaires qui tombent sous l'emprise des machines.

«Ce sont des distorsions cognitives, ou des erreurs de pensée, tout simplement. Ces gens croient que les appareils vont payer tôt au tard, alors que ce n'est que du hasard à chaque fois», a souligné Mme Somma.

Selon une étude de 2009 de l'Université Concordia, 1,3% des adultes sont à risques de développer un problème, alors que 0,7 % ont un problème de jeu pathologique.

 
 
 
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