
Le mouvement de grève pourrait être en train de s'essouffler, croient les associations étudiantes alors que les étudiants de trois cégeps ont choisi de retourner en classe cette semaine.
La motivation des troupes demeure toutefois intacte, assure la présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Éliane Laberge.
Éliane Laberge, présidente de la FECQ (Agence QMI)
«Mais la grève n'est peut-être plus le moyen que les étudiants veulent mettre de l'avant pour atteindre leur objectif», avoue cette dernière.
«Je ne pense pas que les étudiants sentent que leur cause est perdue ou terminée, mais ils accordent de l'importance à la période électorale», poursuit-elle.
Aussi, la menace de perdre leur session motive plusieurs étudiants à retourner en classe, croit Mme Laberge.
Les trois premiers cégeps à voter sur le prolongement de la grève ont décidé de retourner en classe, cette semaine. Du côté des universités, la grève se poursuit dans deux facultés de l'Université de Montréal (UdeM) et de l'UQAM, tandis qu'une trêve électorale a été adoptée à l'Université Laval.
Pour Martine Desjardins, présidente de la FEUQ, on assiste présentement à un changement de stratégie des étudiants.
«La tendance semble de vouloir faire sortir le vote, plutôt que d'accentuer la mobilisation sur la grève et les actions de perturbation», affirme-t-elle.
Le départ de Gabriel Nadeau-Dubois, qui a quitté hier ses fonctions de porte-parole de la CLASSE, n'affectera pas la mobilisation des étudiants, selon elle.
Gabriel-Nadeau Dubois, coporte-parole démissionnaire de la CLASSE (Agence QMI)
«Cela vient seulement enlever une carte au jeu des libéraux qui ne pourront plus faire porter tous les problèmes du Québec sur les épaules d'une seule personne.»
Tant la FECQ que la FEUQ refusent de voir dans les faibles taux de participation aux votes de grève une tendance à la démobilisation des troupes.
«Les étudiants sont encore en vacances ou travaillent, dit à ce sujet Éliane Laberge. Mais on sera fixé réellement à ce sujet lors de la manifestation du 22 août prochain où nous pourrons voir combien d'étudiants descendront dans la rue.»
«À l'impossible, nul n'est tenu. On ne pourra pas vivre une situation de boycott des cours à long terme sans que cela n'ait de conséquences sur les étudiants», avertit Daniel Zizian, pdg de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ).
À quelques jours du retour en classe, déjà deux facultés universitaires ont décidé de boycotter leurs cours lors de la reprise de la session d'hiver. D'autres votes de grève sont prévus au cours des prochains jours.
Le Journal révélait hier que la Fédération des cégeps du Québec menace d'annuler la session, avec mention d'échec, des étudiants qui poursuivront la grève étudiante.
La Fédération affirme ne plus avoir de marge de manœuvre pour modifier l'horaire de la reprise des cours, puisque la session d'automne doit impérativement débuter en octobre.
De son côté, les universités se font plus prudentes. La CREPUQ refuse pour le moment de discuter d'un scénario d'annulation de la session dans les universités où les cours seront boycottés.
Néanmoins, l'organisation se dit «inquiète» et avertit les étudiants qu'elle possède peu de «marge de manœuvre».
«En plus de la reprise de la session d'hiver, on doit accueillir les étudiants du cégep qui ont terminé leur formation à la mi-août puis, en octobre, ceux qui termineront leur session. Nous sommes à la limite de ce que le réseau universitaire peut faire», affirme M. Zizian.
«Nous travaillons en fonction de la reprise des cours, mais on ne peut pas se cacher la tête dans le sable. Il y a de l'inquiétude».
![]() |
Annonce à Montréal Vers une politique nationale sur l'itinérance |
![]() |
Sondege CAA-Québec Davantage de Québécois en vacances |
![]() |
175 000 travailleurs en grève Le calme plat dans les négociations |
![]() |
Grève de la construction Pauline Marois ne veut pas de loi spéciale |
![]() |
Arrestation de Michael Applebaum Le PLQ souhaite rapidement un remplaçant |
![]() |
L'UPAC arrête le maire Appelbaum Pauline Marois demande sa démission |