Prisons surpeuplées

Plus de plaintes des détenus

Première publication 14 août 2012 à 19h24
Par Véronique Prince | TVA Nouvelles

EXCLUSIF - Dans tous les pénitenciers surpeuplés, les plaintes explosent, constate l'Enquêteur correctionnel du Canada. Selon les documents d'accès à l'information obtenus par TVA Nouvelles, les douze centres de détention fédéraux du Québec ont reçu plus de 9200 plaintes et griefs en 2011.

375 plaintes portent sur l'impossibilité d'obtenir des soins de santé non-urgents. Près de 1500 autres concernent le rendement du personnel. D'ailleurs, on compte 700 dossiers sur le harcèlement de la part des agents correctionnels.

«Les agents sont des professionnels qui font leur travail d'une façon convenable, mais comme dans toutes les organisations, il y a des moutons noirs qui vont y aller parfois avec des remarques plus personnelles», affirme Daniel Benson, un ancien détenu. Il a été reconnu coupable de meurtre dans les années 80 et aide maintenant les prisonniers à se réinsérer dans la société.

«J'ai été condamné à l'emprisonnement à vie. J'ai purgé au total 17 ans de pénitencier et ça fait environ 14 ans que je suis en libération conditionnelle totale», explique-t-il.

Difficile de porter plainte

Par contre, ce qui inquiète le plus l'Enquêteur correctionnel du Canada, Howard Sapers, c'est la difficulté à porter plainte. Au-delà de 960 griefs concernent justement ce problème.

«Nous observons, année après année, que ce n'est pas seulement le nombre de plaintes qui augmente, mais aussi l'accumulation de dossiers non résolus», indique M. Sapers. Son organisation a d'ailleurs embauché un expert indépendant pour se pencher là-dessus.

«Ce qui est intéressant de constater, c'est que l'enquêteur correctionnel fait des enquêtes, remarque un certain nombre de lacunes sur un certain nombre de dossiers, fait des recommandations, mais le service correctionnel en bout de ligne ne les respecte pas», ajoute Jean-Claude Bernheim, de l'Office des droits des détenus.

Deux fois plus de saisies

Plus de 400 griefs concernent les effets personnels confisqués. En fait, en 2011, près de mille objets ou substances ont été saisis dans les pénitenciers québécois. C'est presque le double par rapport à l'année précédente. On note 315 saisies de drogues, principalement du cannabis et 83 saisies d'armes, la plupart artisanales.

«Les Canadiens ont donné à notre gouvernement le solide mandat de veiller à ce que nos rues et nos communautés restent sûres. Il nous faut donc nous assurer que nous avons un système correctionnel qui corrige vraiment. Notre gouvernement a pour politique une tolérance zéro à l'égard de la présence de drogues dans ses établissements. C'est pourquoi nous nous sommes engagés lors de la récente élection à établir des prisons où il n'y a pas de drogues. La consommation de drogues par les prisonniers réduit radicalement leurs perspectives de réhabilitation. En s'attaquant à la consommation et au trafic des drogues dans les prisons fédérales, on favoriserait beaucoup la réussite des efforts de réhabilitation, ce qui rendrait aussi le système beaucoup plus sûr pour les gardes et pour les prisonniers», a réagi par courriel à TVA Nouvelle le cabinet du ministre de la Sécurité publique.

 
 
 
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