Selon l'Association canadienne pour les Nations Unies

Ottawa devrait s'ouvrir à la critique en matière d'environnement

Première publication 16 août 2012 à 19h46
Ottawa devrait s'ouvrir à la critique en matière d'environnement
Crédit photo : archives Agence QMI
Le rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter
Par Jessica Murphy | Agence QMI

Au lieu de l'attaquer, le gouvernement de Stephen Harper aurait dû accueillir à bras ouverts le rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l'alimentation, Olivier de Schutter, a déclaré jeudi la présidente de l'Association canadienne pour les Nations Unies, Kathryn White.

Selon elle, les pays membres des Nations Unies doivent accepter de se faire taper sur les doigts et de faire l'objet d'enquêtes de la part d'organismes de l'ONU.

«Dans mes rêves, le gouvernement du Canada saluerait la bienvenue au rapporteur spécial. En fait, l'une des obligations des états membres, c'est de les accueillir», a-t-elle insisté.

Mme White a fait cette déclaration jeudi au nom de son association, en marge d'une séance d'information portant sur le rapport GEO5 sur l'avenir de l'environnement mondial dévoilé au mois de juin par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE). La représentante de cet organisme a refusé de faire des commentaires.

Quant à M. de Schutter, il aurait dû s'adresser aux responsables du gouvernement canadien avant de dévoiler son rapport aux médias, a-t-elle poursuivi. «Franchement, cela ne faisait pas partie de ses fonctions. Donc, cela posait problème.»

Lors du dévoilement de son rapport en mai, M. de Schutter avait eu droit à une litanie d'injures de la part de plusieurs ministres conservateurs à Ottawa. La ministre de la Santé Leona Aglukkaq l'avait même traité d'universitaire «mal informé et condescendant».

Dans son rapport accablant, M. de Schutter avait noté le laxisme du Canada face à la sous-alimentation de près de trois millions de Canadiens et la faim dans un pays pourtant si riche. Il avait aussi relevé que le prix des aliments dans les communautés autochtones était bien trop cher.

Le PNUE constate dans son rapport que l'état de l'environnement se dégrade très rapidement et que si rien n'est fait, la planète pourrait atteindre un point de non-retour.

Pour renverser la vapeur, il va falloir une bonne dose de volonté politique, a précisé Mme White. À ce chapitre, le gouvernement fédéral mérite une mauvaise note, a-t-elle avancé. En revanche, les provinces dont le Québec, la Colombie-Britannique, l'Ontario et, dans une moindre mesure, l'Alberta, ont impressionné: première taxe sur le carbone au Québec, suivie d'une taxe sur le carbone plus «ambitieuse» en Colombie-Britannique, projets d'énergie éolienne en Ontario.

Le Protocole de Montréal, qui a atteint son but d'éliminer presque complètement les produits de consommation qui amincissent la couche d'ozone, est l'une des meilleures ententes multilatérales de tous les temps, a-t-on salué.

 
 
 
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