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Un an après son décès, le 22 août, l'histoire d'amour entre l'ex-chef néo-démocrate Jack Layton et les Québécois est toujours bien vivante. Son message d'optimisme et d'espoir a capté leur imaginaire.
On se souviendra longtemps de Jack Layton.
«Il est entré dans la légende, relate le sondeur Jean- Marc Léger, de Léger Marketing. Les gens l'ont aimé, il a disparu, donc forcément, c'est devenu une figure unique au Québec.»
Jack Layton et son épouse Olivia Chow (Reuters)
Le côté batailleur et bon vivant de Jack Layton et surtout son courage face à la maladie et l'image de sa canne, qui rappelait celle de Lucien Bouchard, ont façonné un rapport spécial entre les Québécois et celui qu'ils appelaient affectueusement «Jack».
«Ça a créé un contact, un contact humain», reprend M. Léger, car au-delà du politicien, il y avait l'homme», dit-il, et non seulement «une machine».
«À chaque campagne électorale, les gens veulent aimer quelqu'un. Ils tombent en amour avec un politicien. C'était vrai pour Pierre Elliott Trudeau, Brian Mulroney, René Lévesque, Lucien Bouchard et même Jean Charest en 2003.»
Cet engouement pour Jack Layton s'explique, selon sa veuve, Olivia Chow, députée néo-démocrate de Toronto, par «sa philosophie qui était de vivre sa vie au maximum et la passion de ses convictions. L'amour de la vie, c'est une grande partie de la culture québécoise», a-t-elle confié à l'Agence QMI.
Olivia Chow, députée du NPD et épouse de Jack Layton. (Reuters)
Selon elle, M. Layton, qui a passé sa jeunesse à Hudson, au Québec, reconnaissait l'importance de la culture et de l'identité québécoises. Il suivait des cours d'immersion en français chaque été à Québec, lisait les journaux québécois quotidiennement et jusqu'à la toute fin, suivait des cours en français une ou deux fois par semaine à Ottawa.
M. Layton croyait sincèrement que le NPD pouvait faire une percée au Québec parce que les valeurs des Québécois et celles du parti «sont identiques», a avancé Mme Chow, qui a passé une année très difficile. «C'est pourquoi lorsque le NPD était à 3%, il n'a pas abandonné.»
Graduellement, M. Layton a placé des Québécois au sein de l'appareil du parti, a rafraîchi le discours pendant la campagne de 2011 en évitant les traductions et diffusé des pubs destinées aux Québec, raconte son ex-chef de cabinet, Anne McGrath.
Le 2 mai 2011, il gagnait son pari, récoltant 59 sièges au Québec. Le NPD passait de la quatrième à la première place. Son pourcentage du vote populaire explosait, grimpant de 25% à 43%.
«C'est plus que René Lévesque luimême avait obtenu en 1976 quand il avait obtenu 41 % des intentions de vote, rappelle M. Léger. C'est pour vous montrer tout le phénomène de Jack Layton pendant toute cette campagne de l'an dernier.»
Un phénomène tout à fait unique et historique, selon lui, qui s'explique par la popularité de l'individu, son approche décontractée, son aisance avec la classe moyenne et les travailleurs, la volonté de changement profonde des Québécois et l'existence d'un vide politique au Québec.
Des conditions gagnantes difficiles à reproduire sur la scène provinciale. Si la Coalition Avenir Québec incarne aussi le renouveau et pourrait bénéficier d'une «certaine remontée en raison d'une volonté de changement au Québec et des odeurs de corruption, ce ne sera jamais du Jack Layton».
Il était facile de voter pour le NPD lors des élections fédérales, car «il n'y avait pas de conséquences, enchaîne le sondeur, alors que sur la scène provinciale, on vote pour un parti au pouvoir qui va gouverner pendant quatre ans», ajoute-t-il.
Quant à Jack Layton, son héritage perdurera, croit M. Léger, «parce que les gens l'ont choisi et avec le drame qu'il a vécu personnellement, il va rester longtemps dans la mémoire des gens. Il fait partie des politiciens aimés au Québec.»
Tristesse, étonnement, frissons... La lettre d'adieu de Jack Layton aux Canadiens et aux Québécois avait créé tout un émoi.
Cette idée a germé dans la tête de M. Layton et de son entourage au courant de l'été dernier lorsqu'il est devenu évident que le chef néo-démocrate succomberait à son cancer.
Selon l'ex-chef de cabinet de M. Layton, Anne McGrath, ce dernier tenait à écrire cette lettre parce que la fin approchait trop vite et qu'il sentait une responsabilité vis-à-vis tous ceux qui avaient appuyé les néo-démocrates.
«Il avait peur que sa mort mette fin au sentiment d'optimisme et d'espoir» qui était si fort pendant la campagne électorale, se souvient-elle.
Brian Topp, conseiller de longue date du chef néo- démocrate, et Mme McGrath avaient préparé une première ébauche.
«Et avec Jack et Olivia, on a travaillé ligne par ligne pendant toute une journée», changeant des mots, selon les voeux du chef mourant.
«C'était deux jours avant sa mort, il pouvait parler, oui», rappelle Mme McGrath.
C'est M. Layton lui- même qui avait insisté pour qu'il y ait un paragraphe destiné aux Canadiens, ainsi qu'un message aux Québécois, aux membres du parti et à la jeunesse.
Il voulait que les « gens restent optimistes, qu'ils continuent à travailler, qu'ils pensent à ce qu'on avait fait ensemble et à la prochaine étape », souligne Mme McGrath.
Éternel optimiste, Jack Layton perdait son combat ultime le 22 août. Un mois avant, ne pouvant continuer, il s'était résigné à se retirer de la vie publique et avait confié la direction intérimaire du parti à Nycole Turmel.
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