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Le gouvernement Harper a affiché récemment deux avis de postes d'importance à combler au sein d'organismes fédéraux sans pour autant exiger le bilinguisme des candidats, a appris Le Journal de Québec.
Ces deux avis ont été publiés dans la Gazette du Canada, le 4 août. Dans le premier cas, il s'agit du poste de commissaire en chef à la Commission canadienne des droits de la personne, dont l'échelle salariale varie entre 222 700 $ et 262 000 $.
La Commission est un organisme indépendant, créé en 1977, et dont l'objectif est d'appliquer la Loi canadienne sur les droits de la personne, ainsi que la Loi sur l'équité en matière d'emploi.
Selon l'offre d'embauche, le commissaire en chef sera responsable entre autres de « traiter les plaintes relatives aux droits de la personne et les questions de discrimination systémique, favoriser la compréhension des droits de la personne chez le public (...) et réaliser des vérifications de la conformité aux principes de l'équité en matière d'emploi».
Le second avis porte sur les postes de président, de vice-président et de membres du futur Tribunal de la sécurité sociale, dont le traitement salarial va de 139 000 $ à 231 500 $.
Ce futur tribunal a été créé en 2012 par le gouvernement Harper avec l'adoption de sa volumineuse loi C-38. Il doit remplacer les conseils arbitraux - qui sont ainsi abolis - et traitera des questions portant sur les procédures de grief liées au Régime de pensions du Canada, à la Sécurité de la vieillesse et à l'assurance-emploi.
L'annonce de ce futur tribunal avait été critiquée par les partis d'opposition au printemps. Dans les deux avis émis par le Bureau du Conseil privé, il est écrit que «la maîtrise des deux langues officielles est préférable», mais non pas obligatoire.
Le député et porte-parole du NPD en matière de langues officielles, Yvon Godin, s'insurge contre cette situation, y voyant du « mépris envers les francophones » de la part des conservateurs.
«Ça démontre un manque de respect que Stephen Harper a envers le français. On parle d'emplois de chefs, de présidents, ce sont eux qui sont en charge».
M. Godin estime que ces avis de candidatures s'inscrivent dans la lignée de la nomination controversée de l'unilingue anglais Michael Ferguson, au poste de vérificateur général.
Il soutient que le gouvernement Harper a « raté la chance de se rattraper » en exigeant, cette fois, le bilinguisme des candidats.
Le NPD, rappelle-t-il, a déposé un projet de loi qui devrait être débattu à l'automne et en vertu duquel les agents du Parlement devront être en mesure de s'exprimer dans les deux langues officielles. Ce projet de loi vise une dizaine de postes clés.
Le directeur des communications du premier ministre Harper, Andrew MacDougall, n'a pas commenté les deux avis de postes à combler, référant plutôt le Journal aux deux organisations visées. Au moment de mettre sous presse, vendredi, il a été impossible d'obtenir une réponse de ces dernières.
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