La controverse des «peanuts»

Les syndicats, furieux contre Legault

Première publication 25 août 2012 à 16h16
Les syndicats, furieux contre Legault
Crédit photo : Archives Agence QMI
Le président de la FTQ, Michel Arsenault
Par Jean-Luc Lavallée | Agence QMI

La FTQ et la CSN condamnent les propos de François Legault qui propose de leur verser des «peanuts» en compensations pour les pertes de cotisations si la CAQ abolit 7000 postes dans la fonction publique.

«Ça serait des peanuts par rapport aux économies qu'on va faire», a dit M. Legault en entrevue au Soleil. La déclaration du chef de la CAQ a mis le feu aux poudres dans les officines syndicales.

«Incroyable!» a rétorqué le président de la FTQ, au bout du fil, encore incrédule devant de tels propos. «La journée où un syndicat est subventionné par l'État, il va falloir qu'on soit au service du parti au pouvoir... Je devrais être au service de la CAQ, mais il n'en est pas question. On ne deviendra pas le club social de la CAQ», a dit Michel Arsenault en entrevue avec l'Agence QMI.

Le président de la centrale syndicale, un électricien de métier, dénonce les coupes de 4000 postes envisagées par la CAQ chez Hydro-Québec. François Legault a du «mépris» pour les travailleurs, a-t-il affirmé. «On devrait être fier d'Hydro-Québec au lieu de pisser du vinaigre.»

Il va «mettre à terre» le réseau électrique

«S'il fait ça, il va mettre le réseau électrique à terre», a-t-il renchéri, craignant le manque d'entretien, faute de main-d'œuvre suffisante. «Ça va devenir comme le réseau routier.»

«On ne peut pas mettre un demi-gars sur un truck ou un demi-gars dans un poteau. Je ne dis pas qu'Hydro doit abandonner son processus d'amélioration continue, mais l'Hydro, c'est loin d'être l'immobilisme. Ça donne quoi de s'acharner sur Hydro-Québec? Moi, je considère qu'Hydro est bien gérée.»

Michel Arsenault rappelle que la FTQ n'a appuyé publiquement aucun parti politique, malgré les accointances bien connues avec le PQ. Maintenant, il met en garde les électeurs contre la CAQ. «Il tire sur tout ce qui bouge, donc j'espère que la population du Québec va réfléchir dans la boîte de scrutin. Son programme est inquiétant.»

La CSN n'est pas à vendre

L'autre grande centrale syndicale, la CSN, va jusqu'à dire que François Legault «ne mérite tout simplement pas le poste de premier ministre du Québec». La CSN «n'est pas à vendre» a martelé son président, Louis Roy, qui a réagi par voie de communiqué. Le syndicalisme ne se résume pas aux cotisations syndicales, plaide-t-il.

«La CSN ne cautionnera des abolitions de postes qui diminueront les services publics en échange d'une compensation pour la perte de cotisations syndicales! M. Legault démontre encore une fois qu'il ne connaît rien aux relations de travail au Québec, qu'il a une idée «business» des syndicats et qu'il croit qu'il peut «acheter» leur adhésion.»

Un «marchand de peanuts»

Le chef libéral, Jean Charest a sauté sur l'occasion pour tirer à boulets rouges sur son adversaire caquiste, le qualifiant de «marchand de peanuts».

«François Legault annonce qu'il va acheter les syndicats pour des peanuts à même l'argent des contribuables. Ça va coûter des millions de dollars pour couper des milliards de dollars dans la fonction publique. Il faut être arrogant (...). Ça me rend très confiant pour le 4 septembre. J'ai l'impression que les Québécois ont une autre préoccupation en tête», a-t-il déclaré.

Réaction de Legault

Le chef de la CAQ a riposté en milieu d'après-midi, samedi, à Repentigny. «Écoutez...Rarement depuis le début de la campagne électorale j'ai eu à commenter les idées proposées par M. Charest. Aujourd'hui, je suis obligé de commenter des propos d'un homme qui est désespéré. Je pense que ça vole bas et on aurait avantage à relever le débat», a-t-il laissé tomber, visiblement exaspéré.

Lorsqu'il a évoqué les compensations financières aux syndicats, en entrevue, il a précisé qu'il s'agissait d'un «exemple». «Il faut être ferme sur les objectifs, souple sur les moyens et quand je parlais cotisations, je parlais des moyens. Ce que je veux avec les syndicats, c'est une discussion franche. Faut qu'on ait moins de bureaucratie au Québec pour être capable d'investir pour avoir plus de services dans nos écoles, c'est tout», s'est-il défendu.

Il rappelle toujours son expérience dans le privé, lorsqu'il était à la tête de la compagnie qu'il a fondée, Air Transat, pour illustrer son désir et sa capacité de s'entendre avec les syndicats, même s'il donne l'impression de cultiver la confrontation avec ses déclarations-chocs.

«Je connais très bien la FTQ, c'était un de nos syndicats pour les agents de bord. J'ai négocié la première convention collective avec Louis Laberge, la deuxième avec Henri Massé. Je les connais très bien, M. Massé m'avait demandé, même, de devenir président du Fonds de solidarité régional des Laurentides (...), donc je n'anticipe aucun problème avec la FTQ.»

(Avec la collaboration de Régys Caron)

 
 
 
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