Santé

Un expert critique la lenteur de dépistage du cancer

Première publication 26 août 2012 à 23h13
Un expert critique la lenteur de dépistage du cancer
Crédit photo : archives TVA Nouvelles
Par Johanne Roy | Agence QMI

Alors que Montréal accueillera sous peu des chefs de file internationaux de la lutte au cancer, un spécialiste de la première heure, le Dr Michel Gélinas, critique sévèrement la lenteur du dépistage du cancer au Québec.

«On a la technologie, on a les experts. Cela prend une grosse réorganisation pour que la porte du système de santé s'ouvre plus rapidement», a affirmé le Dr Gélinas, qui a donné ses lettres de noblesse à la radio-oncologie au Québec.

Président et cofondateur de la Fondation québécoise du cancer, le Dr Michel Gélinas, 73 ans, a consacré sa vie professionnelle et personnelle à l'amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de cancer.

«Il serait temps d'avoir accès à un médecin de famille rapidement; même chose pour les examens et les spécialistes. La perte de temps est énorme», a-t-il déploré.

Lorsqu'un cancer du larynx est traité rapidement, le taux de guérison est 95%. S'il est soigné à un stade avancé, le taux de récidive dépasse 40%.

Le Dr Gélinas trouve également inconcevable que le Québec n'ait pas encore un registre des tumeurs digne de ce nom. «C'est affreux! C'est une faille importante dans notre système de soins. Un registre du cancer, c'est la base. Comment peut-on savoir quel est le meilleur traitement pour le patient si on ne peut pas se comparer?»

«Le programme québécois de lutte contre le cancer est imparfait. Il a des obligations, mais pas de budget. Depuis 1978, la fondation a rencontré tous les ministres de la Santé à ce sujet. Les gouvernements ont une vision à courte vue, de quatre ans», a déploré le Dr Gélinas.

Montréal sera l'hôte en première canadienne, du 27 au 30 août, de l'un des congrès contre le cancer les plus importants du monde.

Sous l'égide de l'Union internationale contre le cancer, l'événement réunira près de 2500 spécialistes de 120 pays.
Ce fut un tour de force d'obtenir ce congrès prestigieux, puisque Montréal était en lice avec des villes comme Moscou et Sydney. Le crédit en revient en bonne partie au Dr Gélinas.

Celui-ci a travaillé de concert avec les universités McGill et de Montréal, afin que les rouages de ce congrès soient parfaitement huilés.

Après avoir cessé la pratique de la médecine en 2005, le Dr Gélinas prendra sous peu sa « deuxième » retraite, à titre de président de la Fondation québécoise du cancer.

Le multitâche ne date pas d'hier. Parlez-en au Dr Michel Gélinas, qui a cumulé les fonctions de médecin, dentiste, vétérinaire, juge de paix et plus encore, dans les années 60, à Schefferville.

On se reporte en 1965, cinq ans avant l'entrée en vigueur de l'assurance maladie du Québec. Alors fraîchement diplômé, ce jeune médecin montréalais accepte l'invitation d'un confrère et s'installe pour trois ans sur la Côte-Nord avec sa conjointe.

«Nous n'étions que deux médecins, dont un chirurgien qui est arrivé six mois après moi», a raconté le Dr Gélinas, qui a par la suite fait une brillante carrière en radio-oncologie à l'hôpital Notre-Dame, à Montréal.

«J'étais également coroner, juge de paix, responsable médical de la réserve indienne, pharmacien à l'hôpital et anesthésiste. La première fois, je regardais dans mon livre de médecine les différentes phases d'une anesthésie», s'est-il rappelé.

Il faut dire qu'avant son arrivée à Schefferville, il avait passé plusieurs nuits en salle d'opération, à scruter le travail des anesthésistes, à l'hôpital Notre-Dame.

«Un dentiste venait aux deux, trois mois à Schefferville. Je devais donc procéder à des réparations et des extractions. Comme il n'y avait pas de vétérinaire, lorsqu'un animal faisait une infection, on s'en occupait.»

 
 
 
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