Gouvernement péquiste minoritaire

La Canada anglais soulagé

Première publication 5 septembre 2012 à 22h16
La Canada anglais soulagé
Crédit photo : Gracieuseté
Par Charles-Antoine Rouyer | Agence QMI

Le Canada anglais affichait mercredi un certain soulagement au lendemain de la courte victoire des souverainistes au Québec, un gouvernement péquiste minoritaire réduisant fortement les possibilités d'un référendum sur l'indépendance.

Le Parti québécois de Pauline Marois n'a récolté mardi qu'un tiers des voix, ce qui est loin de constituer un mandat clair pour la souveraineté, a souligné The Globe and Mail.

Il sera d'ailleurs très difficile aux péquistes de faire adopter un projet de référendum, a ajouté le quotidien anglophone. «Un gouvernement séparatiste minoritaire ne disposera d'aucun mandat pour imposer le débat sur la question de l'indépendance à l'Assemblée nationale.»

D'après le journal, le grand gagnant de la soirée électorale au Québec pourrait être finalement Stephen Harper, si le premier ministre joue bien ses cartes. Il fait remarquer que le gouvernement conservateur n'a pas été élu à Ottawa grâce aux voix québécoises, mais par les électeurs de l'Ouest du pays et des banlieues en Ontario. Le premier ministre Harper devrait donc pouvoir adopter une position ferme face aux revendications péquistes, croit The Globe and Mail.

Le Canada de 2012 n'est pas celui de 1995, a souligné le réseau anglais de Radio-Canada lors de la soirée électorale, analysant qu'économiquement parlant, le centre de gravité de la richesse au pays s'est déplacé vers l'Ouest, avec notamment la production pétrolière en Alberta, d'où une certaine indifférence envers les souverainistes de nos jours.

À Vancouver, un organisateur de la manifestation de soutien au Non au référendum en 1995, Jay Straith, a expliqué à l'émission de CBC The National que les menaces de séparation n'étaient pas si inquiétantes. «Nombre de gens dans l'Ouest canadien vont dire [aux souverainistes] "Allez-y, appuyez sur la gâchette", parce que nous savons qu'il n'y a pas de balle dans ce fusil.»

M. Straith a ajouté qu'il préférerait subir un traitement de canal plutôt que de motiver les gens de l'Ouest en faveur de l'unité nationale. Ce clin d'œil faisait probablement référence aux propos de l'ancien premier ministre québécois Jacques Parizeau, qui avait déclaré que voter non au référendum sur la souveraineté signifierait que le Québec resterait au Canada, et que ce serait pour le Canada comme «une longue visite chez le dentiste».

D'autres observateurs ont affirmé que le programme de Pauline Marois manque de rigueur fiscale, et que les versements du fédéral continueraient de financer les excès québécois. «Mettre de l'ordre [dans les finances publiques du Québec] aurait dû figurer au cœur du scrutin québécois, mais étant donné que le reste du pays accepte de payer leurs factures, les Québécois ont débattu de la langue, de la religion et de tout sauf de l'économie», a estimé mercredi le Toronto Sun.

Par contre, le Globe and Mail a souligné que le Québec affichait un déficit budgétaire inférieur à celui de l'Ontario et que les Québécois prévoyaient d'équilibrer ce budget avant les Ontariens.

Toutefois, les réactions aux résultats ont été éclipsées par la fusillade qui est survenue pendant le discours de Pauline Marois peu après la confirmation de sa victoire.

 
 
 
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