Gouvernement Marois

L'avenir incertain du Plan Nord

Première publication 12 septembre 2012 à 05h11
L'avenir incertain du Plan Nord
«Le gouvernement qui nous succédera doit absolument poursuivre le déploiement du Plan Nord au bénéfice des générations futures et de tous les Québécois», a déclaré Jean Charest.
Par Charles Lecavalier | Agence QMI

Pour Jean Charest, le Plan Nord était un véritable projet de société et signifiait l'ouverture d'une nouvelle région. «Je suis fier de ce nouvel espace économique que nous avons créé pour nos entreprises en ouvrant les marchés et en lançant le Plan Nord», a-t-il dit au moment de l'annonce de sa démission.

«Le gouvernement qui nous succédera doit absolument poursuivre le déploiement du Plan Nord au bénéfice des générations futures et de tous les Québécois», ajoutait-il.

Rien n'indique que le Parti québécois laissera tomber le Plan Nord. L'intention du gouvernement nouvellement élu est de mettre en place une taxe sur la valeur brute des ressources de 5 % ainsi qu'une taxe de 30 % sur les surprofits des entreprises minières.

Réalité mathématique

Le PQ risque toutefois de se buter à la réalité mathématique des résultats électoraux. «Nos intentions ont été dévoilées en campagne. Est-ce que, minoritaires, nous pourrons tout faire ? On ne sait pas. Mais nous avons l'intention de faire le maximum», admet-on au Parti québécois.

Sans l'appui de la Coalition avenir Québec ou du Parti libéral, le projet d'imposer une taxe sur la valeur brute des ressources pourrait être bloqué. Le PLQ a été bien clair durant la campagne électorale : la position du PQ sur les redevances est «irresponsable» et aurait des «conséquences néfastes» pour le développement économique.

Du côté de la CAQ, Gérard Deltell dit que le jeune parti n'est «pas du tout ouvert à une renégociation des frais de redevances minières.»

Mais les observateurs s'entendent sur le fait qu'il serait risqué pour les partis d'opposition de battre le gouvernement sur une mesure qui devrait être incluse dans le budget, surtout s'ils ne sont pas prêts à retourner en élections.

Plus de transformation

Le contexte politique pourrait finalement sourire aux sociétés minières, qui éviteraient de payer une taxe sur la ressource brute. Mais sous la houlette d'un gouvernement péquiste, elles devront sans doute devoir faire plus de transformation au Québec.

Le caquiste Gérard Deltell souligne que son parti va «faire pression» sur le nouveau gouvernement pour «mettre en vigueur des mesures visant la deuxième et troisième transformation du minerai.»

Voilà un sujet sur lequel péquistes et caquistes s'entendent. En juin, Pauline Marois martelait que «le Québec devrait s'inspirer de Terre-Neuve-et-Labrador» et exigeait que «la transformation de nos ressources naturelles» se fasse au Québec.

Loi sur les mines

Deux projets de loi très importants pour l'industrie minière et les municipalités du nord de la province sont morts au feuilleton avec le déclenchement des élections. Il s'agit du projet de loi sur les mines et du projet de loi sur la Société du Plan Nord.

Dominique Dionne, présidente du conseil d'administration de l'Association minière du Québec et vice-présidente des Affaires corporatives de Xstrata Nickel souligne toutefois que le Bureau de transition du Plan Nord « fait le travail » pour le moment.

Reste qu'une nouvelle loi sur les mines a été demandée à maintes reprises par les deux fédérations de municipalités du Québec.

M. Dionne s'attend aussi à ce que l'ensemble des engagements faits par le gouvernement du Québec durant l'ère Charest soient respectés par le nouveau gouvernement.

Quant au nom du projet, le «Plan Nord», il est fortement associé à Jean Charest. Le PQ veut-il se débarrasser de cette appellation d'origine contrôlée ? Il faudra attendre à la composition du conseil des ministres ou au discours inaugural pour le savoir. «Il est trop tôt pour élaborer là-dessus», dit-on en substance.

 
 
 
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