Marois contre Harper

Premier round: le registre des armes d'épaule

Première publication 16 septembre 2012 à 07h58
Premier round: le registre des armes d'épaule
Crédit photo : Agence QMI
Le premier ministre Stephen Harper
Agence QMI

La question du registre des armes d'épaule risque d'être le premier contentieux Québec-Ottawa à se retrouver dans la mire du gouvernement péquiste.

De l'avis des analystes interrogés, le gouvernement Harper risque fort d'en appeler de la décision rendue, cette semaine, par la Cour supérieure du Québec.

Dans ce dossier, le juge a donné raison à la province qui somme le fédéral de lui transférer les données du registre sur le Québec.

«Pour les conservateurs, réussir après toutes ces années à éliminer le registre des armes d'épaule, c'est vraiment perçu comme une de nos grandes victoires», a souligné Olivier Ballou, directeur des communications au Centre Manning, dirigé par l'ex-chef du Parti réformiste, Preston Manning.

«Que le registre soit renversé de quelconque façon serait mal perçu par les gens de droite», poursuit M. Ballou.

Éclaircissement

L'ex-conseiller politique de Stephen Harper, Tom Flanagan, tend aussi à pencher en ce sens, faisant valoir que le registre des armes d'épaule est un dossier «délicat» pour les conservateurs. Il estime que le gouvernement Harper devra faire preuve de «prudence».

«Les conservateurs sont si engagés dans cet enjeu que cela pourrait créer des problèmes pour les partisans du parti si le gouvernement fédéral semble aider activement le Québec à créer son propre registre», a-t-il expliqué.

(Photo Agence QMI)

M. Flanagan croit cependant que le gouvernement Harper pourrait décider de porter la cause en appel, notamment pour éclaircir la notion de «fédéralisme de coopération», sur laquelle repose en partie la décision de la Cour supérieure.

Test

L'analyste politique de TVA, Jean Lapierre, est d'avis que les conservateurs porteront la cause en appel tout simplement parce que le registre des armes d'épaule est pour eux un enjeu «idéologique».

M. Lapierre rappelle cependant que le registre des armes d'épaule est un litige entre Ottawa et Québec laissé en «héritage» par le gouvernement Charest. Autrement dit, il ne s'agit pas nécessairement d'une « demande de gouvernance souverainiste». En ce sens, il croit que ce dossier constituera un «premier test» pour M. Harper.

M. Flanagan rappelle pour sa part que le Québec est libre de créer son propre registre et que l'enjeu porte strictement sur le transfert des données. Selon lui, les demandes du Québec seraient plus «solides» si la province entamait véritablement des démarches en ce sens.

«Donc avant qu'ils ne fassent preuve de bonne foi, il s'agit en quelque sorte d'une demande artificielle de leur part», croit-il.

 
 
 
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