Rentrée parlementaire

Harper sera-t-il à l'écoute du Québec?

Première publication 16 septembre 2012 à 08h56
Mise à jour : 16 septembre 2012 à 23h58
Par Huguette Young | Agence QMI

Malgré son vœu de se tenir «loin des vieilles querelles constitutionnelles», le gouvernement de Stephen Harper n'aura d'autres choix que de prêter une oreille attentive aux revendications du Parti québécois, menace référendaire ou pas.

Car même si le danger n'est pas immédiat, le Parti québécois n'est pas condamné à demeurer un gouvernement minoritaire, surtout si la commission Charbonneau lui donne des munitions lui assurant une victoire majoritaire à moyen terme, croient les observateurs.

La nouvelle dynamique Ottawa-Québec n'est que l'un des nombreux maux de tête du premier ministre Stephen Harper à l'aube de la rentrée parlementaire de lundi à Ottawa.

M. Harper aura également à faire face à un vent d'opposition dans l'Ouest canadien au sujet du controversé projet de pipeline Northern Gateway, à la tiédeur de l'opinion publique au sujet de la proposition d'achat de la pétrolière albertaine Nexen par une société d'État chinoise et à une fronde des provinces atlantiques contre la réforme de l'assurance-emploi. À moins d'un changement de cap, une autre bataille avec les partis d'opposition est à prévoir lors du débat cet automne sur le deuxième volet de la loi de mise en vigueur du budget fédéral.

Stephen Harper a clairement indiqué, jeudi, lors d'une entrevue télévisée, que la reprise économique canadienne, en proie aux turbulences de l'économie mondiale, sera sa cible d'attaques. Le déficit zéro devra attendre.

«Je souhaite que nous puissions équilibrer le budget [...] mais notre premier objectif, ce n'est pas d'équilibrer le budget, a-t-il alors laissé tomber. Notre premier objectif, c'est de s'assurer que l'économie canadienne continue de progresser.»

Si M. Harper ne veut pas passer à l'histoire comme étant celui «qui a perdu le Québec», il a intérêt à «bien calculer ses gestes», croit le politologue Louis Massicotte de l'Université Laval.

Donc, il a intérêt à éviter de «provoquer» le Québec en adoptant des politiques qui «braqueraient les gens au Québec et qui les rallieraient à leur gouvernement souverainiste». L'option souverainiste a une capacité de rebondissement», a-t-il fait valoir.

Le pire, croit-il, serait de faire preuve d'inconscience, de se montrer «trop sûr de lui» et de faire comme si de rien n'était, en dépit de l'appui mou des Québécois à la souveraineté.

Pour le ministre de l'Industrie, Christian Paradis, les rapports entre Ottawa et Québec seront «business as usual», c'est-à-dire qu'ils resteront plus ou moins les mêmes. Il s'est dit ouvert à collaborer avec Québec «dans le respect des compétences respectives et dans l'intérêt du Québec et du Canada», en espérant que les revendications du Québec soient «de bonne foi».
Qu'en est-il de la proposition péquiste de rapatrier l'assurance-emploi à Québec?

Pour Ottawa, il s'agit d'une compétence fédérale qui devrait le rester. Là-dessus, la whip néo-démocrate Nycole Turmel n'a pas voulu se prononcer.

«On ne peut pas dire non ou oui aujourd'hui, a-t-elle expliqué lors d'un entretien téléphonique. C'est un programme fédéral, oui, c'est vrai, et on en discutera à ce moment-là.»
Selon elle, les revendications du PQ seront étudiées à la pièce et au mérite.

 
 
 
Accueil | Actualité | International | Sport | Argent | Vidéo
Questions, réactions ou problèmes techniques ? Contactez-nous.