
Plusieurs associations et fédérations professionnelles ont réagi par communiqué, mercredi soir, à la nomination du gouvernement de Pauline Marois, pour assurer la première ministre de leur collaboration, et pour lui rappeler leurs préoccupations spécifiques.
Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin, a dit espérer que les engagements du Parti québécois durant la campagne électorale, notamment le développement des groupes de médecine de famille, le soutien professionnel dont devraient bénéficier les médecins qui prennent en charge des patients ou encore la rémunération des médecins de famille, seront tenus.
«Connaissant la vaste expérience et les connaissances du Dr Réjean Hébert dans le secteur de la santé, nous sommes convaincus qu'il n'a pas pris ses engagements à la légère», a affirmé le Dr Godin. Ce dernier a notamment suggéré au nouveau gouvernement d'augmenter de 3% le budget du ministère de la Santé consacré au financement des cliniques médicales de la province offrant des soins de première ligne.
«Souhaitons que le Dr Hébert soit un réel ministre de la Santé et non plus, comme nous l'avons connu dans les dernières années, un ministre de la "maladie"», a déclaré de son côté Régine Laurent, la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui estime «impératif» de valoriser les professionnelles en soins.
La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) a pour sa part félicité Marie Malavoy, qui a été nommée mercredi ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport.
Josée Bouchard, la présidente de la FCSQ, a manifesté sa satisfaction qu'il y ait un ministère de l'Éducation entièrement dédié au réseau scolaire primaire et secondaire, et espérer entre autres que soit adoptée une politique nationale sur l'éducation publique.
La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ont souligné que le ministre Duchesne aura du pain sur la planche concernant la question des programmes d'aide financière.
«Beaucoup de décisions prises par l'ancien gouvernement ont entraîné de nombreux problèmes, particulièrement dans les prêts et bourses. M. Duchesne devra rapidement régler les nombreux problèmes qu'ont engendrés les événements du printemps dernier afin que les étudiants puissent se consacrer à leurs études et non pas à des problèmes administratifs», ont affirmé par communiqué Éliane Laberge et Martine Desjardins, respectivement présidentes de la FECQ et de la FEUQ.
Dans les minutes suivant l'annonce, les libéraux se sont dits peu impressionnés.
«Au niveau de l'équipe économique, on constate qu'il y a quand même des faiblesses», a déclaré l'ex-ministre du Travail et députée d'Anjou, Lise Thériault.
Plusieurs avaient aussi des craintes pour l'économie avec l'arrivée de Nicolas Marceau aux Finances, mais aussi avec l'assermentation de Daniel Breton à l'Environnement et Martine Ouellet aux Ressources naturelles.
«Il y a également des gens comme madame Ouellet, comme monsieur Breton, qui auront un rôle à jouer au niveau du développement économique, qui ont toujours prôné le gel et le moratoire», a déploré la députée libérale.
L'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) s'est réjouie de l'impulsion que semble donner le gouvernement péquiste en faveur de l'environnement avec les nominations de Martine Ouellet au Ministère des Ressources naturelles et de l'Énergie, et de Daniel Breton et Scott McKay au Ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs, tous proches de groupes environnementaux.
«La longue feuille de route de ces trois candidats est un gage de succès pour la protection de l'environnement, pour l'indépendance énergétique du Québec et pour une gestion responsable des ressources naturelles», a dit le président de l'AQLPA, André Bélisle.
De son côté, l'Union des producteurs agricoles (UPA) a salué la nomination de François Gendron, un «ministre d'expérience». «En lui confiant également la fonction de vice-premier ministre, Mme Marois reconnaît le rôle prépondérant qu'occupe le secteur agricole pour l'économie du Québec», a déclaré le président général de l'Union, M. Marcel Groleau.
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, ainsi que la chef de l'opposition à la Ville de Montréal, Louise Harel, se sont réjouis de la nomination de Jean-François Lisée comme ministre responsable de la métropole.
«Montréal joue un rôle essentiel dans le développement social, culturel et économique du Québec et nous comptons sur l'appui du ministre Jean-François Lisée pour défendre avec vigueur les enjeux montréalais, a dit Mme Harel. Les défis sont considérables en matière d'infrastructures, de transport collectif, de développement social et du rayonnement international de la seule ville de classe mondiale sur laquelle le Québec peut compter.»
La Fédération québécoise des municipalités (FQM) s'est dite particulièrement enthousiaste de la nomination de Sylvain Gaudreault, un homme politique qui connaît selon elle les préoccupations des régions, au poste de ministre des Transports, des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire.
D'une manière plus générale, la FQM a fait savoir à Pauline Marois que la première ministre pouvait compter sur son appui pour faire avancer des dossiers «de première importance, comme la renégociation du pacte fiscal, la diversification des sources de revenus, l'implication accrue des communautés dans la gestion des ressources naturelles, la relance de l'industrie forestière, la loi sur les mines ou encore une nouvelle politique agricole.»
Le Conseil du patronat a tenu à relayer «les inquiétudes du milieu des affaires face aux propositions avancées par le PQ» en matière de réglementation, de finances publiques ou de fiscalité.
Le patronat se dit préoccupé par la perspective des changements annoncés de la Charte de la langue française et les répercutions qu'ils auront financièrement, sur les petites entreprises notamment, ou encore par le manque de marge de manœuvre financière du Québec pour compenser l'abolition de l'augmentation des frais de scolarité et de la contribution santé.
Le Conseil dit craindre que «ceux qui génèrent le plus de richesse» subissent une augmentation de la fiscalité, ce qui aurait pour conséquence, selon lui, de freiner les investissements.
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) s'est, elle, adressée en priorité à l'opposition au gouvernement en lui demandant de respecter «le choix démocratique des Québécois en collaborant avec le nouveau gouvernement pour faire avancer les mesures qui serviront le mieux les intérêts de la population québécoise».
Quant à la Confédération de syndicats nationaux (CSN), elle considère que «des débats majeurs ont été escamotés au cours des dernières années», et espère que le nouveau gouvernement «sera capable de rallier les différents acteurs autour de politiques audacieuses qui permettront un développement économique et social du Québec satisfaisant aux principes d'un développement durable, d'emplois décents et reposant sur des valeurs de solidarité», a dit le président de la CSN, Louis Roy.
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