
Au pouvoir depuis quelques jours à peine, le Parti québécois (PQ) est déjà la cible des attaques des deux partis de l'opposition qui s'en donnent à cœur joie relativement à l'abolition de la taxe santé annoncée par le gouvernement Marois.
Le Parti libéral du Québec (PLQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) accusent le PQ d'avoir procédé sournoisement dans ce dossier. Pauline Marois avait bien annoncé pendant la campagne électorale que son gouvernement avait l'intention d'éliminer la taxe santé, mais les partis d'opposition affirment que, jamais, le PQ n'a spécifié qu'il comptait appliquer les hausses d'impôts servant à financer la mesure rétroactivement au 1er janvier 2012.
«La proposition qu'ils mettent sur la table a pour conséquence de ralentir l'économie, de réduire l'emploi, de baisser les revenus de l'État, d'affaiblir les services publics et, à la fin, de revenir chercher l'argent dans la poche des Québécois de la classe moyenne», a dénoncé ce matin le chef intérimaire du PLQ, Jean-Marc Fournier.
Tout comme le PQ, la CAQ est en faveur de l'abolition de la taxe santé, mais elle conteste toutefois les hausses d'impôts.
«On a dit qu'on était d'accord à baisser la taxe santé, là-dessus on s'entend très bien. C'est comment on finance la baisse de la taxe santé... Ce n'est pas en taxant d'autres personnes. C'est en coupant dans les dépenses qu'on va être capable de financer la baisse», a expliqué Christian Dubé, député de Lévis.
Le PQ peut procéder sans problème à l'abolition de la taxe santé malgré sa minorité, mais il aura besoin d'une majorité s'il veut modifier la Loi sur l'impôt et le revenu. Un compromis devra donc être trouvé.
Le ministre des Finances et de l'Économie, Nicolas Marceau, a laissé entendre cet avant-midi sur les ondes de LCN qu'il pourrait reculer sur la rétroactivité des hausses d'impôts, puisque son parti «veut conserver l'essentiel», soit l'abolition de la taxe santé.
Malgré tout, le ministre affirme dur comme fer que son parti a toujours été clair sur la question de la rétroactivité.
«Moi, j'ai la conviction d'avoir été très transparent. Je suis prêt à reconnaître qu'il y a des gens qui semblent surpris. [...] Quant à la mesure elle-même, il n'y a pas de surprise, on l'a annoncée en février dernier; ça a été un engagement clé en campagne électorale. Moi je vous dirais qu'on a gagné des comtés à cause de ça, on a perdu des comtés à cause de ça. Les gens savaient pour quoi ils votaient. [...] Je n'ai pas utilisé le mot rétroactif, mais j'ai dit clairement comment ça allait se passer».
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