Révélations surprenantes de Lino Zambito

Vito Rizzuto joue au médiateur

Première publication 1 octobre 2012 à 20h27
Vito Rizzuto joue au médiateur
Crédit photo : Agence QMI
Lors du témoignage qu'il a offert à la commission Charbonneau, lundi, l'ex-entrepreneur Lino Zambito a indiqué qu'un ancien parrain de la mafia était déjà intervenu lors d'un litige concernant l'attribution d'un contrat public.
TVA Nouvelles

Lors du témoignage qu'il a offert à la commission Charbonneau, lundi, l'ex-entrepreneur Lino Zambito a indiqué qu'un ancien parrain de la mafia était déjà intervenu lors d'un litige concernant l'attribution d'un contrat public.

Au début des années 2000, le projet du rond-point L'Acadie - qui relève du ministère des Transports du Québec - attire l'attention de Lino Zambito, qui manifeste son intérêt lors de l'appel d'offres. Rapidement, on tente de l'en dissuader. «Je me suis fait appeler pour me tasser», rapporte-t-il. L'individu qui l'appelle est Frank Minicucci, de Construction Louisbourg, une entreprise de Tony Accurso.

Malgré cette invitation à laisser tomber, Zambito persiste. «J'ai fait part que j'étais intéressé à ce projet-là et que j'allais soumissionner», se souvient l'ex-entrepreneur.

Rencontre avec le parrain

Invité à en discuter dans la semaine qui suit, Lino Zambito est alors convoqué dans le salon privé d'un restaurant lavallois, l'Onyx, propriété de M. Accurso. Lors du rendez-vous, ce dernier était présent, accompagné d'un invité-surprise: Vito Rizzuto.

«J'ai fait mes représentations, [Tony Accurso] a fait les siennes, et il n'y avait pas d'issue», poursuit l'ex-entrepreneur.

Après plusieurs dialogues et «tentatives de trouver un compromis», Zambito discute seul à seul avec Vito Rizzuto, que la présence étonne. Il assure néanmoins que l'ancien chef mafieux est demeuré «très cordial» tout au long de la rencontre.

«Il m'a demandé si j'avais un intérêt réel pour le projet. Il m'a fait part que c'était peut-être un projet d'envergure pour moi qui n'étais dans le domaine que depuis quatre ou cinq ans», rapporte le témoin.

Lino Zambito, assurant qu'il n'a «aucunement» ressenti la pression, se fait alors convaincre de laisser tomber le contrat litigieux au profit de Tony Accurso. «J'ai finalement cédé», a déclaré l'ancien dirigeant d'Infrabec. Et dans cette histoire, Vito Rizzuto a seulement «agi en tant que médiateur, il n'y a jamais rien qui a été imposé», insiste-t-il.

À chacun son tour

Avant de révéler le rôle de médiateur qu'a joué Vito Rizzuto lors de son litige avec Tony Accurso, Lino Zambito a soutenu devant la Commission que les entrepreneurs s'entendaient généralement entre eux, suivant un principe de «collaboration mutuelle», lors de l'attribution des contrats publics. Il a affirmé que personne ne chapeautait ce processus.

«À Montréal, ce sont toujours les mêmes joueurs», a-t-il ajouté, précisant que le simple fait que cette situation soit «connue» dissuade selon lui les entrepreneurs extérieurs au stratagème de tenter de rafler des contrats. Nul besoin de recourir aux menaces, assure M. Zambito.

Accurso nie en bloc

En début de soirée lundi, Tony Accurso a émis un communiqué dans lequel il réfute toutes les allégations de Lino Zambito, notamment celle selon laquelle il a assisté à une rencontre en compagnie de l'ancien parrain Vito Rizzuto.

«Le contrat avec le ministère des Transports du Québec auquel M. Zambito fait référence devant la Commission a été attribué conformément aux procédures régissant l'attribution de contrats», peut-on y lire.

Lino Zambito doit poursuivre son témoignage mardi matin, dès 9h30.

 
 
 
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