
La tourmente entourant la fermeture de la centrale Gentilly-2 est toujours vive, mais la première ministre Pauline Marois maintient le cap et réaffirme que la décision est prise et qu'elle ne changera pas d'avis.
En entrevue à l'émission Larocque Lapierre, elle s'est dite bien au fait de l'humeur des gens de Bécancour depuis l'annonce du déclassement de la centrale nucléaire. «Je les comprends d'être déçus et même choqués», a-t-elle reconnu, en entrevue à l'émission Larocque Lapierre. Elle réitère néanmoins que la réfection ne peut être envisagée.
«Je peux bien leur dire qu'on va tenir une commission parlementaire pour discuter de ça, mais la décision est prise et j'aime mieux être franche avec les citoyens de la Mauricie», a soutenu la première ministre.
Au lieu de prendre le blâme sur la façon de faire de son gouvernement dans ce dossier, fortement critiquée par les travailleurs de la centrale et les élus de la région qui l'ont qualifiée de «cavalière», Pauline Marois attire plutôt l'attention sur l'attitude du Parti libéral.
«À mon point de vue, [le Parti libéral] l'a délibérément cachée pour sauver les comtés de la région».
«Je me demande comment il se fait que les libéraux n'ont pas dit la vérité pendant la campagne électorale», a déclaré la première ministre, qui estime que le gouvernement de Jean Charest était conscient qu' «une réfection était impensable à cause des coûts trop élevés qu'elle aurait impliqués.»
«À mon point de vue, [le Parti libéral] l'a délibérément cachée pour sauver les comtés de la région», a conclu Mme Marois, s'appuyant sur les propos du p.d.g. d'Hydro-Québec, Thierry Vandal.
Mercredi, M. Vandal, se défendant de vouloir faire de la politique, a néanmoins soutenu que les chiffres sur lesquels s'est basé le Parti québécois pour sceller le sort de la centrale nucléaire circulaient depuis le printemps, donc quelques mois avant le déclenchement des élections.
Si Pauline Marois se range derrière sa ministre des Ressources naturelles dans le dossier de la centrale nucléaire de Bécancour, elle remet toutefois en question la fermeté de Martine Ouellet au sujet des gaz de schiste.
Mme Ouellet n'avait pas perdu de temps, après sa nomination au Conseil des ministres, pour annoncer que l'exploitation des gaz de schiste ne serait jamais sécuritaire et qu'un moratoire complet s'imposait en conséquence.
Sur le plateau de Larocque Lapierre, la chef du gouvernement s'est montrée plus nuancée, diminuant la portée des propos de sa ministre des Ressources naturelles. «Ce n'est pas l'arrêt de mort: on va faire les études correctement avant de prendre une décision ferme qui va dans un sens ou dans l'autre», a déclaré Mme Marois, rappelant du coup que la décision sans appel lui revenait.
Pauline Marois lors d'un discours à l'Union des municipalités du Québec. (Photo Agence QMI)
L'économie a eu la part belle lors de l'entrevue avec la chef péquiste, qui a d'ailleurs déjà fait ses armes, dans le passé, au ministère des Finances.
Questionnée sur le caractère rétroactif des nouvelles mesures fiscales annoncées par son gouvernement, Pauline Marois a reconnu que «le mot [rétroactivité] n'a pas été utilisé» pendant la campagne électorale.
La hausse d'impôts pour les Québécois considérés comme les plus riches doit être appliquée dès 2012, de façon rétroactive, ce qui a provoqué une levée de boucliers chez les contribuables visés par cette décision.
La chef péquiste a profité de son passage à TVA pour laisser entendre que des compromis sont envisagés sur ce point. Après le conseil des ministres de mercredi durant lequel on fera le point, le gouvernement fera une nouvelle proposition, «fidèle à nos objectifs, souple sur nos moyens».
Mme Marois s'est toutefois refusée à en dévoiler plus sur ces ajustements à venir, se bornant à dire que tout serait plus clair dès mercredi.
La première ministre doit ensuite se rendre à Kinshasa, au Congo, en fin de semaine prochaine, pour assister au Sommet de la Francophonie. À son retour, elle a prévu visiter Bécancour pour y rencontrer la population et les élus.
La pièce de résistance de son emploi du temps est prévue néanmoins dès le 31 octobre prochain, alors qu'elle doit prononcer son discours inaugural.
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