BAPE

Le président congédié

Première publication 9 octobre 2012 à 13h18
Mise à jour : 9 octobre 2012 à 19h59
Par Geneviève Lajoie | Agence QMI

Le changement de garde au pouvoir a fait une première victime. Le gouvernement Marois a congédié le président du BAPE, Pierre Renaud.

À la tête du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement depuis 2007, M. Renaud avait été renouvelé dans ses fonctions par le gouvernement Charest en juin dernier, un mandat de cinq ans qui devait débuter ce mardi. Le nouveau ministre péquiste de l'Environnement, Daniel Breton, en a toutefois décidé autrement.

Cette nouvelle a pris tout le monde par surprise au sein de l'organisme. «On ne s'attendait pas à ça, tout le monde est sous le choc», ont confié des collègues de travail qui ont souhaité garder l'anonymat.

Même discours du côté de la porte-parole du BAPE, Diane Paquin. «M. Renaud nous a dit que le gouvernement lui avait demandé de quitter. Quelles sont les raisons à l'origine de son congédiement? On ne donne pas nécessairement de raison, vous savez que ce sont des nominations politiques », a-t-elle ajouté lors d'une entrevue accordée au Journal de Québec.

Il est de notoriété publique que le ministre Breton était à couteaux tirés avec Pierre Renaud. En 2010, au moment où le BAPE avait reçu le mandat d¹enquêter sur le gaz de schiste, Pierre Renaud s'était retrouvé dans une controverse alimentée en partie par le nouveau ministre de l'Environnement.

M. Renaud avait travaillé durant près de six ans pour l'association canadienne Conservation de la nature, financée par des pétrolières comme Shell, BP, Chevron-Texaco, Imperial Oil ainsi que par des géants du sable bitumineux comme Sunco.

Daniel Breton, qui était président du groupe Maîtres chez nous au 21e siècle à l'époque, disait avoir l'impression que «le Parti libéral, et Nature Conservancy, ça se ressemble beaucoup et que c'est le milieu du gaz et du pétrole. [...] C'est le même gang et le même monde.»

Règlement de compte

Son prédécesseur, le libéral Pierre Arcand, a crié au «règlement de compte». «Je ne peux pas faire autrement que de penser évidemment que le BAPE va devenir, sous l'égide du Parti québécois, une organisation partisane, a-t-il déploré. Il n'y a pas de raison autre qu'une raison idéologique qui peut faire en sorte qu'on remercie aujourd'hui le président du BAPE.»

Du côté des environnementalistes, le départ de Pierre Renaud est perçu comme une bonne chose. «On était déçu de plusieurs interventions du président du BAPE », a dit l'écologiste André Belisle. Ce dernier a évoqué la formation du comité chargé de mener l'Étude environnementale stratégique sur les gaz de schiste. «Il était clair qu'il y avait des conflits d'intérêt absolument évident. On a sorti un écolo bidon d'une boîte à surprise pour représenter le milieu environnemental.»

M. Belisle a toutefois mis en garde le gouvernement Marois, espérant qu'il ne procéderait pas à une nomination partisane pour le prochain patron du BAPE. «J'espère que le PQ va nommer des gens sur la base de leur compétence», a dit M. Belisle.

Au bureau du ministre Breton, on soutient qu'il ne s'agit pas d'un règlement de compte. «On veut insuffler un nouveau souffle au BAPE», a déclaré sa porte-parole, Danielle Rioux.

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