Rapport de la coroner

Bouillon serait lié au meurtre de Julie Surprenant

Première publication 15 octobre 2012 à 10h34
Mise à jour : 15 octobre 2012 à 14h05
Agence QMI

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La coroner Catherine Rudel-Tessier estime que Julie Suprenant, disparue en 1999, a probablement été enlevée à sa descente d'autobus à l'île Saint-Jean à Terrebonne avant d'être assassinée et que Richard Bouillon serait le responsable, selon les témoignages qu'elle a entendus.

Dans un rapport dévoilé lundi matin, la coroner reconnait que son enquête n'a «pas permis d'éclaircir les circonstances de la disparition» de cette adolescente de 16 ans, dont le corps n'a pas été retrouvé. Il est cependant clair qu'elle n'a pas fait de fugue selon le document.

La coroner a expliqué que Richard Bouillon, condamné à multiples reprises, notamment pour des affaires d'agressions sexuelles, tentatives de viol et attentat à la pudeur, a avoué en 2006 avoir tué Julie Surprenant. Il a fait ces révélations à des employés qui prenaient soin de lui lorsqu'il était en phase terminale d'un cancer. Ces informations ont toutefois déjà été rapportées par les médias.

La coroner s'étonne toutefois qu'aucun des gardiens des services correctionnels qui étaient présents en tout temps dans la chambre d'hôpital de Richard Bouillon n'ait entendu ces confessions. Catherine Rudel-Tessier a écrit que «la déception de la famille Surprenant de ne pas avoir pu connaître la vérité se comprend».

La coroner a souligné que le père de Julie Surprenant voudrait que les citoyens puissent connaître l'identité et le passé criminel de ses voisins, mais que ces questions «peuvent avoir de lourdes conséquences» qui remettent en cause «des principes fondamentaux en vigueur dans notre société». Elle a précisé que ce n'était pas de son ressort de trancher ces débats.

Faire circuler l'information

Michel Surprenant, le père de Julie Surprenant, accueille quand même favorablement le rapport de la coroner Rudel-Tessier. Réagissant conjointement avec le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu et l'avocat Marc Bellemare, M. Surprenant reconnaît au rapport de la coroner le mérite de relancer le débat sur la divulgation des informations relatives aux prédateurs sexuels.

«Est-ce qu'on doit accepter encore que les droits des criminels passent au-dessus de ceux de leurs victimes? Est-ce que le droit au secret professionnel peut continuer à protéger un criminel quand il a commis des crimes et qu'il y a des renseignements qui son cachés?»

L'avocat Marc Bellemarre, lui, rappelle que le plumitif criminel est présentement difficilement accessible. Présentement, en effet, il faut avoir la date de naissance d'une personne pour avoir accès à son dossier criminel.

«Le plumitif civil est accessible sans la date de naissance», d'expliquer Me Bellemare. «Alors, on peut savoir si vous avez fait faillite, si vous avez été poursuivi 30 fois devant les tribunaux civils, mais on ne peut pas savoir si vous avez agressé une petite fille il y a quatre ans. Je pense que c'est quelque chose qui devrait être corrigé. C'est un faux débat que de croire que ce sont des informations confidentielles. Ce sont simplement des informations publiques qui se perdent par le simple écoulement du temps, parce qu'on oublie ce qui a déjà été publié dans les journaux.»

Et puis, les trois hommes demandent la création au Québec d'un registre des délinquants sexuels dangereux comme celui de l'Ontario.

«Eux ont décidé que le droit des victimes et le droit de protéger la société passaient avant le droit du criminel à être libéré dans l'anonymat», de dire le sénateur Boisvenu. (...) «La Charte des drois et libertés n'empêche aucunement la province de Québec d'aller de l'avant pour mieux informer la population sur les prédateurs sexuels remis en liberté qui représentent un risque dans la société.»

«Ce qui me fâche le plus, ajoute là-dessus Michel Surprenant, c'est de m'apercevoir qu'ici même au pays, dans d'autres provinces, ce sont des choses qui sont accessibles, alors qu'ici, ça ne l'est pas.»

Les trois hommes entendent donc faire pression auprès du nouveau gouvernement québécois pour qu'on rende plus facile l'accès au contenu du plumitif criminel et pour qu'un registre public des criminels sexuels dangereux soit créé.

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