
Le Plan Nord n'est pas mort. C'est le message qu'a livré essentiellement la première ministre du Québec à des entrepreneurs français inquiets, qui ont des intérêts dans la Belle Province.
«Elle a rassuré tout le monde», a confirmé Pierre Dufour, qui préside le Conseil des chefs d'entreprise France-Canada du MEDEF (Mouvement des entreprises de France). Mme Marois a confirmé qu'elle gardait le cap. La majorité des compagnies qui étaient là sont intéressées (par le Nord du Québec). Ça a été une très bonne rencontre.»
Parmi les représentants des principales sociétés mères ayant des filiales au Québec qui étaient autour de la table, notons les géants Total, GDF Suez, Alstom International, Ubisoft, Thales, Air Liquide et Veolia. Aucune minière. Mais de nombreuses entreprises qui rêvent au potentiel du Nord en matière d'infrastructures ou d'énergie.
Le Plan Nord, s'il conserve ce nom, sera assurément transformé sous le gouvernement Marois qui a déjà annoncé, notamment, son intention de modifier le régime de redevances minières. Mais la première ministre leur a assuré en privé, comme en public lors d'un point de presse dans la capitale française, qu'elle va «garder le cap sur le développement du Nord».
«Ils avaient plusieurs questions à poser et ils voulaient nous en parler. Et moi, ce que je leur ai dit, c'est que nous allions continuer à développer le Nord en respect des peuples autochtones et des premières nations qui occupent le territoire et avec un certain nombre de changements que nous allons apporter, soit dans la politique de redevances ou la politique des infrastructures», a exprimé Mme Marois, qui hésite encore à utiliser le terme «Plan Nord», bien qu'elle l'ait fait à Paris.
Elle a même annoncé aux joueurs majeurs qui assistaient à son allocution (à huis clos) qu'elle envisageait des incitatifs fiscaux pour favoriser les investissements dans la deuxième et la troisième transformation.
«Quand vous observez ce qui s'est passé au Québec depuis un certain nombre d'années, on a favorisé le développement des régions par des crédits fiscaux aux régions-ressources, on a développé des grappes industrielles qui sont maintenant des secteurs très importants dans notre économie; je pense au multimédia, au secteur de la santé, et souvent on l'a fait en offrant des incitatifs fiscaux, a ensuite fait valoir la première ministre questionnée par les journalistes. Alors c'est une avenue que nous pourrions utiliser.»
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