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Le malheur des pomiculteurs américains et ontariens a fait le bonheur des pomiculteurs du Québec, qui ont vu le prix des pommes en gros doubler cette année. Malgré une quantité modérée de pommes récoltées, les producteurs peuvent donc s'attendre à faire de bonnes affaires.
«Les prix sont vraiment excellents à cause de la rareté, a affirmé Daniel Ruel, directeur général de la Fédération des producteurs de pommes du Québec. L'Ontario et le Nord des États-Unis ont connu des épisodes de grêle et de gel printanier qui ont ruiné les récoltes.»
Pour la première fois en 25 ans, le Québec se retrouve donc en tête des producteurs de pommes au Canada devant l'Ontario, qui a récolté à peine 15 % de sa production normale.
La Fédération des producteurs de pommes estime qu'environ 5,3 millions de minots (un minot équivaut à 42 livres) seront produits cette année au Québec, contre 5,8 millions l'an dernier.
Françoise Robert, copropriétaire du Pavillon de la pomme à Mont-Saint-Hilaire, estime que sa récolte équivaut à 85 % d'une «bonne récolte habituelle».
«Nous avons eu une plus petite récolte cette année, mais les fruits étaient beaux et sucrés. Par contre, ils ont rougi plus tard parce que les nuits étaient chaudes», a-t-elle affirmé.
Stéphane Petit, des Vergers Petit et fils à Mont-Saint-Hilaire, estime que «l'autocueillette a commencé plus tôt à cause du temps chaud et sec, mais les gens ont attendu avant de venir. Et l'achalandage a été plus faible parce que les fins de semaine de septembre et d'octobre ont été pluvieuses.»
Contrairement au prix du gros, Stéphane Petit et Françoise Robert sont d'avis que les prix des sacs de pommes pour l'autocueillette ont peu augmenté cette année. «C'est difficile d'augmenter les prix au détail. Le prix du sac de pommes inclut aussi les activités offertes au verger. Mais les pommes déjà cueillies à la boutique étaient un peu plus chères cette année», a affirmé Stéphane Petit, dont la majorité de la production est destinée à l'autocueillette.
Le Pavillon de la pomme, quant à lui, n'a pas offert de rabais à l'achat de grandes quantités de pommes cette année.
Daniel Ruel estime qu'environ 50 % des pommes vendues dans la province sont produites localement. Il se réjouit que les pomiculteurs québécois cultivent de nouvelles variétés de pommes, comme la Gala ou la Honey Crisp.
«Les consommateurs délaissent les variétés plus traditionnelles comme la McIntosh, pour des variétés plus savoureuses, plus sucrées, a-t-il noté. Mais ces pommes sont difficiles à cueillir alors elles ne sont pas offertes en autocueillette.»
Selon lui, à peine 10% du volume des pommes québécoises est destiné à l'autocueillette et le reste est vendu comme pommes fraîches à des détaillants ou dédié à la transformation.
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