Annonces en début de mandat

Marois admet qu'elle est allée «un peu vite»

Première publication 26 octobre 2012 à 15h03
Mise à jour : 26 octobre 2012 à 20h21
Par Jean-Luc Lavallée | Agence QMI

La première ministre Pauline Marois reconnaît que son gouvernement a pris des décisions rapides qui ont pu «bousculer» les Québécois, en début de mandat, et promet de ralentir le rythme.

«Peut-être sommes-nous allés un peu vite, mais sur le fond des choses, je ne crois pas que nous avons erré», a déclaré Mme Marois, au sortir du caucus présession de deux jours du Parti québécois à Drummondville. Visiblement satisfaite des réunions à huis clos avec ses ministres et ses députés, elle a affirmé, lors d'un point de presse, que les élus du gouvernement ont «ajusté leurs flûtes».

«J'ai peut-être moi-même accéléré le rythme un peu trop alors on va prendre un petit peu plus de temps, mais on ne renoncera pas à nos engagements, a-t-elle affirmé, en prévision de la rentrée parlementaire la semaine prochaine. Nous allons les présenter les uns après les autres et on espère être capables d'obtenir l'appui de l'opposition dans la majorité des cas.»

Fraîchement assermentée, la nouvelle première ministre avait annoncé sans tarder l'abolition de la hausse des frais de scolarité et de la loi 78 ainsi que la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2.

Un vote sur la taxe santé

Sur l'abolition de la taxe santé, le gouvernement avait dû refaire ses devoirs devant le tollé suscité par la rétroactivité de la mesure et ses impacts fiscaux. Pauline Marois a réitéré, malgré le bras de fer qui s'annonce, qu'elle tenait mordicus à un vote des parlementaires pour statuer sur cette question controversée dès l'automne.

Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a indiqué vendredi matin qu'il attendait une contre-proposition des partis d'opposition ayant refusé catégoriquement, jusqu'ici, d'appuyer les mesures du gouvernement qui prévoit des hausses d'impôts pour les plus fortunés.

Pauline Marois a assuré qu'elle n'est pas fermée aux compromis avec l'opposition.

«Je suis consciente que je suis à la tête d'un gouvernement minoritaire et les partis d'opposition doivent être conscients aussi qu'ils doivent contribuer à bonifier les projets que nous présentons. Je ne serai pas dogmatique...», a-t-elle souligné.

Corruption et langue

Dans son discours inaugural qu'elle prononcera mercredi, Pauline Marois indiquera alors l'ordre de ses priorités «sur une échéance de deux ans».

Dans un premier temps, le gouvernement péquiste voudra raffermir les lois pour lutter efficacement contre la corruption.

«C'est sûr que nous allons être beaucoup plus exigeants que le gouvernement précédent ne l'a été», a-t-elle déclaré, évoquant la nouvelle mouture de la loi 35 qui serrera la vis aux entrepreneurs.

La défense du français à Montréal, une préoccupation «urgente», sera également au cœur de ses priorités.

«Nous serons rapides sur la question des services de garde, de l'aide à domicile, des médecins de famille, a-t-elle renchéri, se gardant bien de dévoiler les menus détails de son plan de match à la rentrée. Nous travaillerons sur tous les fronts sur lesquels nous avons pris des engagements pour faire avancer le Québec.»

Économie au ralenti

Malgré un ralentissement de l'économie dans les derniers mois, Mme Marois s'est dite «plutôt positive» pour la suite des choses, se disant «encore en contrôle des finances publiques», reprochant au passage le «laxisme» des libéraux dans la dernière partie de leur mandat.

«À tout le moins (le PIB) continue de croître, c'est déjà une bonne nouvelle quand on voit ce qui se passe en Europe, a-t-elle dit. Il y a des signes légers, mais encourageants qui apparaissent du côté américain et si la situation s'améliore du côté américain, ça a un impact immédiat sur nous. J'essaie de ne pas être inquiète, mais d'être très vigilante.»

Enfin, le gouvernement Marois, qui espère récupérer des centaines de millions dans la lutte à l'évasion fiscale, pourrait dévoiler sa stratégie prochainement afin de regarnir les coffres de l'État.

«On a identifié des secteurs et des moyens d'arriver aux objectifs qu'on s'est fixés sur la question de l'évasion fiscale, a dit Mme Marois. Il pourrait y avoir éventuellement des annonces dans les semaines qui viennent.»

 
 
 
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