
Le député libéral de Bourassa, Denis Coderre, laisse la porte grande ouverte à la mairie de Montréal, mais a renoncé mercredi à briguer la direction du Parti libéral du Canada.
«J'ai déjà dit que ce serait la chefferie ou la mairie. Et je vous dis aujourd'hui que ce ne sera pas la chefferie», a-t-il annoncé lors d'un point de presse à Ottawa en compagnie du chef libéral intérimaire, Bob Rae.
Agence QMI
M. Coderre avait indiqué au mois d'août qu'il mettrait fin au suspense lors de son dîner spaghetti annuel, le 9 novembre, qui rassemblera un millier de personnes. Ce dîner aura toujours lieu, mais ce sera «avant tout une célébration», a-t-il indiqué aux journalistes.
Entre-temps, il s'est fait prier, semble-t-il, pour mettre ses talents d'organisateur électoral au profit du parti qui connaît un petit envol dans les sondages depuis que le député montréalais Justin Trudeau a annoncé son intention d'en commander la destinée, a laissé entendre M. Rae.
«J'ai dit à M. Coderre : "Au parti nous avons du travail à faire jusqu'au choix du nouveau chef." Naturellement, il a dit qu'il voulait réfléchir à la situation de la mairie». J'ai dit : «Oui, une période de réflexion, c'est normal, mais il y a toujours un travail à faire pour le Parti libéral du Canada.»
(Agence QMI)
Le nom du nouveau chef libéral sera annoncé le 14 avril à Ottawa. M. Coderre restera donc «député à plein temps jusqu'au printemps.»
«De toute façon, l'élection à la mairie, c'est le 3 novembre 2013, a souligné Denis Coderre. Donc, la réalité, c'est qu'on a un travail à faire entre-temps»
Il estime que le spectacle à la Ville de Montréal où le maire Gérald Tremblay et son parti ont été éclaboussés par des allégations fracassantes devant la commission Charbonneau - le maire aurait fermé les yeux sur un système de financement occulte et illégal de son parti - est «désolant».
«Je pense que Montréal mérite mieux», a indiqué M. Coderre. Le maire Tremblay est dans une «situation inconfortable», reconnaît-il, mais c'est à ce dernier de décider s'il reste ou s'il part.
Ambitieux, coloré, coutumier des déclarations-chocs, M. Coderre a eu la piqûre politique à un jeune âge. Il était président des Jeunes libéraux, section Québec, et a toujours œuvré dans les coulisses du parti.
Fidèle soldat de Jean Chrétien, M. Coderre ne s'est jamais gêné pour répliquer au Bloc québécois à la Chambre des communes et défendre son patron avec énergie. En 1995, il a oeuvré au sein du Camp du NON au bureau du Parti libéral du Québec.
M. Coderre, dont le retrait de la candidature à la tête du Parti libéral n'a surpris personne, laisse tout le champ libre à Justin Trudeau, le favori de la course. Le député montréalais Marc Garneau est, lui, toujours en réflexion.
M. Trudeau s'opposera à la constitutionnaliste Deborah Coyne.
Né à Joliette, Denis Coderre, 49 ans, a eu une carrière politique mouvementée.
Il a tenté sa chance quatre fois avant de parvenir à se faire élire dans Bourassa en 1997.
En 2009, il a claqué la porte comme lieutenant politique au Québec parce que l'ex-chef libéral Michael Ignatieff a préféré Martin Cauchon comme candidat dans Outremont à sa candidate Nathalie Le Prohon. M. Coderre ne s'est pas fait que d'amis en déclarant que le parti était contrôlé par la vieille garde de Toronto.
Il a fait son entrée au conseil des ministres de Jean Chrétien à l'âge de 36 ans.
Denis Coderre a cumulé plusieurs fonctions au sein des gouvernements de Jean Chrétien et de Paul Martin :
- août 1999 : secrétaire d'État au sport amateur. Il avait alors promis de prêcher par l'exemple en perdant «au minimum cinq livres par mois».
- 2002 : ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration
- 2003 : président du Conseil privé de la Reine, Interlocuteur fédéral pour les Métis et les Indiens non inscrits et ministre responsable de la Francophonie
- 2004 : conseiller spécial pour Haïti
- 2006 à mai 2011 : porte-parole en matière du Travail et porte-parole de Développement économique Canada, porte-parole en matière de Défense nationale, de la Francophonie, des langues officielles et des Ressources naturelles
- Actuellement : porte-parole en matière des Transports, des Infrastructures et des Collectivités
- Sur les milliers de plaintes concernant les appels robotisés pendant la campagne électorale de 2011 : «On peut faire diversion comme on veut, mais présentement, on parle d'usurpation d'Élections Canada, d'un déni de démocratie, c'est grave.»
- Sur les stratégies d'Ottawa concernant les travaux du pont Champlain :
Au lieu de voir à la sécurité du pont, «on a essayé de se protéger le derrière et de préparer les pages bleues (des notes d'information) pour savoir comment on répondrait au cas où il y aurait une fuite. Qu'a caché le gouvernement?»
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