Le PQ prévoit augmenter les redevances minières

Les entreprises s'inquiètent

Première publication 18 novembre 2012 à 19h51
TVA Nouvelles

Lors de son discours inaugural le 31 octobre dernier, la première ministre du Québec, Pauline Marois, a annoncé que son gouvernement entend revoir le régime de redevances, ce qui fait craindre le pire aux compagnies minières.

«Ç'a été son souhait de rassurer le monde des affaires. De notre côté de l'industrie minière, nous, l'incertitude, l'inquiétude persistent. On n'a pas encore de précisions sur son nouveau régime fiscal», déplore la présidente de l'Association minière du Québec, Josée Méthot.

Le régime prévoit une redevance minimale de 5%, mais obligerait les compagnies à payer une surtaxe de 30% si leurs profits sont trop importants.

Pour le président de Mines Virginia, André Gaumond, c'est là que le bât blesse.

«On est de loin [la province] la plus taxée au Canada et l'une des plus importantes au monde. On a 16% de taxes minières, 10% en Ontario, 2% en Afrique du Sud, 3% au Chili et si on retaxe par-dessus ça, ça lance un message qu'on est de moins en moins une juridiction compétitive», estime-t-il.

Mines Virginia a dû prospecter pendant près de 15 ans avant de découvrir Éléonore, l'un des plus importants gisements d'or au Québec.

«Il y a une instabilité à long terme et c'est ce qui fait le plus peur aux capitaux», ajoute M. Gaumond.

Malgré tout, le président de Mines Viginia croit qu'il est encore temps pour le gouvernement de réagir. Mais s'il ne le fait pas, plusieurs mines pourraient ralentir leurs activités.

C'est le cas de la mine Niobec qui songe à freiner quelque peu un projet de développement de son site minier en Abitibi.

«On parle d'investissements de l'ordre de deux milliards sur la vie du projet, on parle d'agrandissement d'une mine pour une vie future de plus de 40 ans encore», explique Josée Méthot.

Même si l'industrie pense que le gouvernement reste ouvert à la discussion, l'opposition libérale entend se faire entendre rapidement.

«On parle de milliers d'emplois qu'on va perdre au cours des prochains mois et des prochaines années au Québec», tranche le critique du Parti libéral du Québec (PLQ) en matière de Plan Nord et de mines, Jean D'Amour.

Pour forcer la main des péquistes, les libéraux déposeront bientôt un projet de loi privé à ce sujet.

«Pour mettre de la pression sur le gouvernement, pour les faire bouger et [qu'il] nous dise clairement qu'il croit aux minières», explique Jean D'Amour.

Les libéraux veulent ramener sur la table leur projet de modernisation de la loi sur les mines en y incluant un volet de transformation, si cher au gouvernement Marois.

Avec la collaboration d'Alain Laforest

 
 
 
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