Raymond Bachand à Larocque Lapierre

Féroce, la course à la direction du PLQ?

Première publication 25 novembre 2012 à 12h29
Par Marie-Christine Bouillon | TVA Nouvelles

Le candidat à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ) et député d'Outremont, Raymond Bachand, a tiré à boulets rouges sur son adversaire, l'ex-député libéral Philippe Couillard, à l'émission Larocque Lapierre, affirmant même qu'il avait déjà tenté un putsch contre l'ex-chef du parti, Jean Charest.

Selon M. Bachand, les militants libéraux se demandent ce qui a poussé Philippe Couillard, son principal adversaire dans la course à la direction du PLQ, à quitter le navire en juin 2008.

«Les militants me [demandent]: "Qu'est-ce qu'il est parti faire pendant qu'on était en difficulté"? Il a essayé, même, à un moment donné, presque de faire un putsch», a lancé l'ex-ministre des Finances.

Il n'en fallait pas plus pour susciter la curiosité de l'animateur et journaliste Paul Larocque qui lui a alors demandé davantage de précisions. M. Bachand a confirmé que, selon lui, il aurait tenté d'éjecter du pouvoir l'ex-premier ministre du Québec, Jean Charest «après 2007».

À cette époque, le gouvernement Charest essuyait plusieurs critiques sur la construction du nouveau CHUM à Montréal, projet sous la gouverne du ministre de la Santé de l'époque, Philippe Couillard, avant qu'il ne démissionne, en juin 2008.

Raymond Bachand n'en dira toutefois pas plus sur ce sujet. Mis au courant de cette déclaration, Philippe Couillard a exigé des excuses de la part de son adversaire, ce à quoi ce dernier a répondu par la négative.

Plus de débats au sein du PLQ

Les luttes internes et débats d'idées sur la place publique risquent d'être plus présents au sein du PLQ si Raymond Bachand en devient le chef. En effet, le candidat à la direction du parti a dit déplorer le fait que les députés libéraux ne parlent souvent que d'une seule voix.

«C'est parce qu'on me dit : «il ne faut pas parler contre les autres, ils sont beaux, ils sont fins, ils sont gentils, on est tous pareils. Des fois, je dis «on va tirer à pile ou face tant qu'à ça», a-t-il ironisé.

M. Bachand a assuré que sous sa gouverne, le PLQ ferait de la place aux nouvelles visions, aux propositions différentes.

«Quand je vais être chef du parti, je vais laisser mes députés s'exprimer et il va y avoir des opinions divergentes. Une fois qu'on a pris une décision, peut-être qu'on imposera une ligne [de parti], mais dans un débat, pour tenir une discussion, pour avoir des conseils généraux où les gens viennent exprimer leur opinion et où des experts viennent nous contredire, non. Il n'y aura plus de conseil général où un gars n'a pas le droit de parler», a-t-il promis.

Budget Marceau

Même s'il n'est pas d'accord avec le budget déposé le 20 novembre dernier par le ministre des Finances, Nicolas Marceau, Raymond Bachand a salué quelques aspects positifs qu'il considère être des «volte-face» du gouvernement Marois.

«Ils alimentent le Fonds des générations en dégelant le bloc patrimonial d'électricité. Ils gardent une contribution santé différente, ils gardent le cap sur l'équilibre budgétaire en 2013-2014, même s'ils ratent leur cible cette année. Alors, il y a un certain nombre de points positifs qui venaient de nous qu'ils ont conservés», a énuméré Raymond Bachand.

Il estime toutefois que le budget Marceau «surtaxe la santé», en plus de provoquer une incertitude dans l'industrie minière au Québec. Un autre aspect déplorant du budget péquiste, selon M. Bachand, est la hausse d'impôt de 1,75% pour les travailleurs dont le salaire annuel est de 100 000$ et plus.

«Je ne sais pas combien vous gagnez, a-t-il dit à Jean Lapierre, mais ça sera probablement 3000$, 4000$ ou 5000$ de plus en dehors de [vos poches] qu'avec la solution qu'on mettait de l'avant.»

Le député d'Outremont a également tenu à rappeler qu'il manque toujours 900 millions $ aux universités québécoises pour boucler leur budget, vu l'annulation de la hausse des frais de scolarité décrétée par le gouvernement Marois. Il a aussi souligné que le budget Marceau avait contribué à l'incertitude générale vécue par les municipalités qui «ne savent pas sur quel pied danser».

Malgré le fait que son parti a annoncé qu'il votera contre le budget Marceau, Raymond Bachand a écarté toute possibilité de coalition avec la Coalition avenir Québec (CAQ) afin d'éjecter le PQ du pouvoir.

«Moi je n'ai pas trop envie d'être dans le même lit que François Legault et lui non plus», a-t-il lancé.

L'élection du nouveau chef du PLQ se tiendra en mars 2013. D'ici là, Raymond Bachand poursuivra sa campagne en s'entretenant avec les militants libéraux des quatre coins du Québec.

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