Bilan de l'Office québécois de la langue française

Il faut être vigilant envers le bilinguisme

Première publication 27 novembre 2012 à 15h13
Mise à jour : 27 novembre 2012 à 19h31
Il faut être vigilant envers le bilinguisme
Crédit photo : Archives Agence QMI
Par Ève Lévesque | Agence QMI

Il faut être vigilant avec la montée du bilinguisme dans les milieux de travail de la province, et particulièrement de Montréal, a prévenu mardi l'Office québécois de la langue française (OQLF).

Malgré la prédominance du français, le bilinguisme est de plus en plus présent dans les milieux de travail au Québec, selon un bilan de la langue de travail publié mardi. Le document recense différentes études menées entre 1971 et 2010.

La proportion de travailleurs utilisant principalement le français a globalement progressé, passant de 69 % à 80 %. Par contre, l'OQLF note un léger déclin de 5 % entre 1989 et 2010.

Elle en tire donc la conclusion que le bilinguisme est en hausse.

D'après le bilan, une minorité de Québécois travaille exclusivement en français. En effet, sur l'île de Montréal, 63 % des travailleurs ont recours à l'anglais à divers degrés dans le cadre de leurs fonctions.

Selon la présidente de l'OQLF, Louise Marchand, le bilan a surtout révélé la complexité et le nombre élevé de facteurs impliqués dans ces données.

Par exemple, 35 % des immigrants dont la langue est autre que le français et l'anglais utilisent principalement l'anglais et 50 % utilisent la langue de Molière. De surcroît, 52 % de ces immigrants ont un milieu de travail bilingue.

Réactions divergentes

Les résultats du bilan satisfont le Conseil du patronat du Québec. Selon son président, Yves-Thomas Dorval, le français semble stable. La progression de l'usage du français comme langue principale de travail chez les allophones est d'après lui un «excellent résultat» qui démontre que les efforts déployés dans les dernières années ont porté leurs fruits.

En revanche, la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) appelle le nouveau gouvernement à renforcer la Charte de la langue française, afin qu'elle exige l'utilisation du français à l'intérieur des entreprises de 50 employés et moins.

Pourtant, selon le bilan dressé par l'OQLF, 87,6 % des entreprises de 50 employés et moins utilisent principalement le français, et 36,6 % affirment l'utiliser exclusivement.

Le Mouvement Québec français trouve lui aussi les progrès insuffisants et le déclin du français trop importants. Il attribue cela aux affaiblissements de la Loi 101.

Quant au Mouvement impératif français, il reproche à l'OQLF de relativiser la situation plutôt que de lancer un cri d'alarme.

«Comment l'Office peut-il accepter que travailler en français signifie utiliser ce même français pendant la «moitié du temps de travail ou plus», alors qu'il serait normal d'utiliser au Québec le français 100 %? se demande le mouvement [...] Et pourquoi utiliser une montagne de statistiques plutôt que nous dire clairement que le français comme langue de travail recule au Québec depuis 20 ans?»


 
 
 
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