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Graham Fraser demande plus de production locale

Première publication 27 novembre 2012 à 15h27
Mise à jour : 27 novembre 2012 à 18h48
Graham Fraser demande plus de production locale
Crédit photo : Archives
Par Charles-Antoine Gagnon | Agence QMI

«Ça fait trois ans et demi qu'on lutte pour faire valoir l'importance du service de Radio-Canada dans le sud-ouest de l'Ontario. Nous sommes fatigués».

Nicole Larocque, de SOS CBEF, a profité des audiences du CRTC sur le renouvellement des conditions de licences du diffuseur public pour exprimer ainsi le désarroi des citoyens de la région de Windsor, dans leur combat contre Radio-Canada afin de récupérer la programmation régionale dans cette radio francophone, qui est la seule de la région.

CBEF a été longtemps considérée comme un tremplin pour les jeunes journalistes. Dans le passé, la station diffusait 36,5 heures par semaine de programmation locale.

Lors des compressions budgétaires de 2009, la direction de la société d'État a toutefois coupé à 90 minutes par semaine les émissions locales pour, par la suite, établir à 7,5 le nombre d'heures par semaine produites par les artisans de CBEF pour la communauté francophone du sud-ouest de l'Ontario.

Certaines personnes déplorent que CBEF ne soit pratiquement devenue qu'un réémetteur de la station de Toronto.

Mme Larocque a tenu à préciser que Radio-Canada avait ouvert des centres de production à Sherbrooke et Trois-Rivières, après les compressions effectuées à CBEF.

«Ce qui a été fait à Windsor est une grave erreur. Nous demandons une excuse formelle de la part de Radio-Canada, que Radio-Canada soit forcée à respecter les termes de la présente licence de radio, soit 36,5 heures locales par semaine», a-t-elle soumis aux conseillers du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Le Commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, a demandé au CRTC d'imposer à Radio-Canada un nombre minimum adéquat et stable d'heures de production locale à CBEF.

«La communauté francophone de Windsor est assez fragile. Elle est isolée. Les gens ont le sentiment, en termes de télévision, de radio, et de sport professionnel, d'être entourés par les États-Unis. C'est compréhensible, si on regarde l'aspect géographique, par la forte présence de Detroit», a expliqué M. Fraser aux audiences du CRTC.

Un conflit juridique oppose présentement le Commissariat aux langues officielles (CLO) et Radio-Canada/CBC dans le dossier de CBEF.

Les procédures judiciaires contre Radio-Canada avaient été entamées par le CLO concernant un non-respect des obligations du diffuseur public en matière de langues officielles.

La direction de Radio-Canada aura l'occasion de répondre vendredi, lors de sa réplique. Toutefois, dans un document envoyé au CRTC en prévision des audiences, la société d'État mentionne que CBEF «n'a pas été fermée et qu'elle continue de diffuser une programmation locale et régionale de qualité».

Karim Amellal, lui aussi de SOS CBEF, a indiqué que le peu d'effectifs (trois employés) à la station font qu'elle, «est gardée sous respiration artificielle».
«Ceci contribue à l'assimilation», a-t-il déclaré.


 
 
 
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