Étude de l'IRIS

Le taux de chômage est trop élevé chez les immigrants

Première publication 27 novembre 2012 à 18h50
Le taux de chômage est trop élevé chez les immigrants
Crédit photo : Agence QMI
Par Marie-Pier Gagné | Agence QMI

Il est deux à trois fois plus difficile pour un immigrant qu'un Québécois de se trouver un emploi, selon une étude réalisée par l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS).

Et ce problème est davantage marqué au Québec que dans le reste du Canada. «Si les personnes immigrantes ne participent pas à la société québécoise à la pleine hauteur de leur potentiel, c'est davantage en raison d'obstacles sur le marché du travail qu'en raison de la valeur de leurs compétences», a affirmé Mathieu Forcier, chercheur à l'IRIS.

Les chercheurs de l'IRIS s'étonnent que des problèmes d'intégration aient encore lieu à Montréal.

«La connaissance de l'anglais est mieux récompensée sur le marché de l'emploi que la connaissance du français, a expliqué la chercheuse Laura Handal. Un candidat avec un nom franco-québécois a au moins 60 % plus de chance d'être convoqué à une entrevue d'embauche qu'un candidat avec un nom arabe, latino-américain ou africain».

Renold Dorcé, Haïtien d'origine, a emménagé à Montréal en 2010, suite au séisme qui a durement secoué son pays. «Quelques membres de ma famille ont tout perdu dans la tragédie, a expliqué l'homme. J'ai décidé de venir au Québec pour pouvoir travailler et amasser quelques sous pour leur venir en aide».

Cependant, M. Dorcé a mis presqu'une année avant de dénicher un emploi. «Je faisais une vingtaine d'applications par semaine et jamais je n'avais de retour d'appel, a-t-il déploré. Je ne comprenais pas pourquoi. Je parle français, je me présente bien et j'ai une certaine scolarisation».

Après plusieurs tentatives infructueuses, Renold Dorcé s'est finalement trouvé un travail à titre de préposé aux bénéficiaires dans une résidence pour personnes âgées. Il y travaille depuis un an.

L'IRIS propose des solutions afin de mieux intégrer les travailleurs venus d'ailleurs. «Je sais que l'immigration n'est pas le remède pour résoudre tous les maux du Québec, mais je crois que ses contributions au développement économique et social seraient plus efficaces si les programmes d'adaptabilité professionnelle et de lutte contre la discrimination étaient renforcés», a conclu le chercheur.

Selon les statistiques émises par l'IRIS, si les compétences des personnes immigrantes étaient pleinement reconnues, l'économie canadienne gagnerait l'équivalent de 370 000 travailleurs. Les revenus des immigrants augmenteraient alors de 30,7 milliards $, soit 2,1 % du PIB.

 
 
 
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