Nouveau rôle de ministre

Apprentissage à la dure pour Jean-François Lisée

Première publication 26 décembre 2012 à 22h48
Apprentissage à la dure pour Jean-François Lisée
Crédit photo : Archives Agence QMI
Le ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée
Par Geneviève Lajoie | Agence QMI

La vie de ministre n'est pas toujours facile. Ancien conseiller de Lucien Bouchard, Jean-François Lisée l'a appris à ses dépens, à la dure...

«Je finis l'automne avec quelques cicatrices», reconnaît-il sans détour, en entrevue au Journal de Québec. Au centre de deux controverses coup sur coup en fin de session, le confiant ministre des Relations internationales admet qu'il a vécu des moments difficiles depuis l'élection.

Le tollé soulevé par la double nomination d'André Boisclair - à titre de délégué général du Québec à New York et de sous-ministre adjoint - fut le premier.

Ce n'était pourtant pas son premier choix. «Je n'y avais pas pensé, je pensais à quelqu'un d'autre et Mme Marois m'a dit : "Je pense à André Boisclair pour ce poste." Et j'ai dit : "C'est excellent, c'était une bien meilleure suggestion que la mienne!"»

Double rémunération

N'empêche, il était au courant du parachute doré accordé à l'ancien chef du Parti québécois - auquel André Boisclair a finalement renoncé. «J'ai participé à cette "autopelure de bananisation"», lance-t-il.

Mais c'est la polémique soulevée par sa double rémunération qu'il a trouvée la plus intense. Jean-François Lisée était en déplacement à Washington lorsque l'Agence QMI a révélé que le ministre recevait toujours un salaire de l'Université de Montréal.

«Je pense qu'on se sent plus seul quand c'est une décision personnelle», insiste-t-il. L'ancien journaliste a finalement décidé de verser son deuxième salaire à un organisme de sa circonscription venant en aide aux décrocheurs.

Une femme pour faire la souveraineté

Le ministre responsable de la métropole a pris le devant de la scène rapidement, en affrontant les journalistes sur tous les sujets, même ceux qui sont sous la responsabilité de ses collègues.

Certains y perçoivent des ambitions de succéder à Pauline Marois comme chef du Parti québécois. «Non, ce n'est pas dans mon plan de carrière. Mon plan de carrière, c'est d'aider Pauline Marois à faire la souveraineté. Pour faire la souveraineté, ça va prendre une femme et moi, je ne suis pas une femme», plaide-t-il.

Faire la souveraineté, «ce n'est pas mettre le Canada knock-out», insiste M. Lisée. «La souveraineté, c'est faire naître le Québec. Ce n'est pas un sport extrême. M. Parizeau, on avait l'impression que ça ne le dérangeait pas de casser plus d'œufs que nécessaire.» Selon lui, la première ministre a «l'audace tranquille» nécessaire pour y arriver.

Bons coups

Si ces premiers mois à titre de ministre ont été tumultueux, l'ancien journaliste estime avoir tout de même à son actif quelques bons coups. Il croit avoir réussi à bien comprendre les enjeux montréalais. La «crise» qui a secoué la métropole, avec les révélations de la commission Charbonneau et la démission du maire Gérald Tremblay, a également été bien gérée.

«Quand on regarde la façon dont l'automne a commencé à la Ville de Montréal, on en finit avec une situation optimale et on a contribué à ça», dit-il.

Le ministre Lisée refuse toutefois de se donner une note pour sa prestation depuis l'élection.

«M. Charest a pourri la note de 8 sur 10 pour au moins une génération!», s'est-il contenté de dire, moqueur. Jean Charest s'était donné 8 sur 10 pour la lutte à la corruption en campagne électorale.

 
 
 
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