Enfants victimes d'actes criminels

Les parents désormais soutenus financièrement

Première publication 1 janvier 2013 à 15h30
Mise à jour : 1 janvier 2013 à 18h26
TVA Nouvelles

L'entrée en vigueur de la loi C-44 est un baume pour les parents d'un enfant assassiné, disparu ou gravement malade.

Dès aujourd'hui, une allocation leur sera versée pour les aider à passer au travers du deuil, d'une grave maladie de leur enfant, et également, des procédures judiciaires.

Les parents recevront une aide de 350$ par semaine, pendant 35 semaines. Ceux qui auront préalablement cotisé à l'assurance-emploi auront aussi droit aux 15 semaines de prestations de maladie prévues.

Pierre-Hugues Boisvenu, sénateur et cofondateur de l'AFPAD, a longtemps milité pour faire reconnaître les droits des familles dont un proche a été assassiné ou disparu. (archives, Agence QMI)

Cette loi protégera d'autre part l'emploi des parents de victimes qui sont des travailleurs régis par le Code du travail canadien.

Annoncée en avril dernier par le gouvernement fédéral, cette mesure a été adoptée par le Sénat le 12 décembre dernier.

Les proches pourront choisir de toucher ces prestations au moment qui leur convient, notamment lors d'un procès. Environ 1 000 familles par année devraient en bénéficier.

C'est le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, cofondateur de l'Association des familles des personnes assassinées ou disparues (AFPAD), qui a longtemps milité pour faire reconnaître les droits des familles dont un proche a été assassiné ou disparu.

L'Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD) est satisfaite du gain qu'elle vient de faire, mais elle compte se battre davantage en 2013, pour obtenir rien de moins qu'une charte des droits des victimes.

Des pères racontent leur drame

Seulement cinq semaines après le meurtre de sa fille Brigitte en 2006, Bruno Serre a recommencé à travailler. Mais c'était beaucoup trop tôt, reconnaît-il aujourd'hui avec le recul.

«Rendu à la maison le soir, j'étais épuisé et j'ai négligé un peu les autres enfants que j'avais, et ma conjointe», raconte M. Serre, aujourd'hui vice-président de l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD).

«Déjà qu'on vit un drame. Si, en plus de ça, il faut penser côté travail, côté finances qui rajoute à l'autre drame, c'est très difficile de passer au travers», explique-t-il.

Bruno Serre juge que cette aide financière, même si elle n'est pas énorme, est un outil très important pour les familles. «La personne va pouvoir prendre ce temps-là, au moment du procès, parce qu'un an et demi après, il n'y a plus rien côté assurances, côté emploi. Les gens vont dire que c'est un petit outil, parce que c'est un petit montant, c'est juste 35 semaines, mais pour nous, c'est des gros outils, c'est beaucoup.»

Encore sous le choc et dans l'incompréhension totale, Michel Surprenant n'avait pas le choix de retourner au boulot, lui aussi, peu de temps après la disparition de sa fille, Julie.

«J'arrivais chez un client et puis, même si je savais que j'en avais pour trois heures, en rentrant, la première chose que j'avais en tête c'était de ressortir de là, raconte Michel Surprenant, président de l'AFPAD. En étant compensé là, tu peux aller suivre ton traitement et ne pas perdre nulle part.»

En vidéo

 
 
 
Accueil | Actualité | International | Sport | Argent | Vidéo
Questions, réactions ou problèmes techniques ? Contactez-nous.