Urgences saturées par la grippe

Pic d'influenza en vue pour le week-end

Première publication 4 janvier 2013 à 04h37
Mise à jour : 4 janvier 2013 à 12h51
Agence QMI et TVA Nouvelles

La grippe frappe fort au Québec ces dernières semaines, particulièrement depuis les Fêtes où les baisers et les poignées de main contribuent à disséminer le virus de l'influenza. Et le week-end risque d'être à son pic grippal.

Selon Richard Marchand, microbiologiste à l'Institut de cardiologie de Montréal, la saison de la grippe s'est déclarée hâtivement cette année. Cette éclosion précoce a favorisé la transmission du virus, estime le microbiologiste.

«En arrivant juste avant que la période des Fêtes commence, cela a permis une plus grande transmission de la grippe à l'intérieur des populations. Pendant les Fêtes, les gens se déplacent davantage, soulève-t-il. Donc le timing est responsable d'une grande dissémination de la grippe.»

Le Dr Marchand redoute un pic d'influenza pour le week-end. «Il y a quelques jours, nous avons eu un gros pic, les gens se sont rencontrés à nouveau le 31 et le 1er, et là, nous attendons un gros pic samedi et dimanche.»

Souche infectieuse

La nouvelle souche du virus, particulièrement infectieuse, contribue aussi à la forte présence de la grippe dans les foyers québécois.

«On va briser des records depuis le temps qu'on surveille la grippe dans les années 60», prévoit M. Machand.

La vague de grippe qui éclabousse l'ensemble de la province est causée par «une variante d'une souche plus virulente de la grippe, la H3N2», explique la porte-parole de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, Lise Chabot.

La H3N2 est toutefois comprise dans le vaccin contre la grippe, «donc il est encore temps de se faire vacciner pour s'en protéger», précise Mme Chabot, qui rappelle que le virus rôde jusqu'à la fin du mois de mars.

Le Dr Marchand se dit aussi préoccupé par une pénurie de trousses servant à déceler les différentes souches d'influenza. «Le problème actuellement, c'est qu'on est à court de réactifs pour dresser des diagnostics», prévient-il. Il espère que les établissements de santé seront réapprovisionnés dans les prochains jours.

Une personne atteinte du virus de la grippe peut être contagieuse 24 heures avant et sept jours après l'apparition des symptômes.

Contrairement au rhume, les symptômes de la grippe comprennent généralement des douleurs thoraciques, de la fièvre, des maux de tête et des courbatures. À l'inverse, la congestion nasale, les éternuements et les maux de gorge sont attribuables au rhume.

Jusqu'à présent, près du quart des Montréalais ont reçu la version 2012-2013 du vaccin, selon la Direction de la Santé publique régionale.

Urgences débordées

À 10h hier matin, 155 personnes atteintes du syndrome d'allure grippale s'étaient déjà inscrites dans les 17 hôpitaux de Montréal, selon les relevés fournis par l'Agence de la santé et des services sociaux.

Cette forte affluence a contribué à faire grimper le taux d'occupation des urgences à 155% contre 135% la veille.

À lui seul, l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal avait déclaré 32 cas d'influenza à 10h hier. L'Hôpital de Montréal pour enfants (exclu du relevé des hôpitaux généraux) était  particulièrement touché avec 90 cas.

Entre 250 et 300 patients se rendent au CHU Sainte-Justine chaque jour, soit presque 100 personnes de plus qu'à l'habitude. (Agence QMI)

Fermé aux visiteurs

Comme celles de Montréal, les urgences de Québec sont elles aussi prises d'assaut. À l'Hôpital de l'Enfant-Jésus, par exemple, le temps d'attente pour l'hospitalisation atteignait 40 heures.

La situation est particulièrement critique à l'Institut de cardiologie et de pneumologie de Québec (l'Hôpital Laval) qui a décidé d'interdire les visites auprès des patients.

Hier matin, l'hôpital comptait 43 patients atteints de la grippe et 15 atteints de la gastroentérite. La direction a  donc pris les grands moyens pour éviter la propagation de ces maladies. D'ici lundi, 14h, aucune visite aux patients n'y sera permise.

Du côté de Trois-Rivières, ­depuis lundi déjà, le Centre hospitalier régional limite la présence des accompagnateurs à l'urgence en raison de l'épidémie.

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