Accord de libre-échange Canada-Europe

Les pêcheurs et travailleurs d'usine pourraient écoper

Première publication 9 janvier 2013 à 19h36
Les pêcheurs et travailleurs d'usine pourraient écoper
Crédit photo : archives Reuters
Par Huguette Young | Agence QMI

L'accord de libre-échange Canada-Europe est tellement ambitieux qu'il risque de compromettre la marge de manœuvre de réglementation de Québec et de Terre-Neuve sur l'industrie de la transformation des produits de la pêche, avance un chercheur du Centre canadien de politiques alternatives, Scott Sinclair.

Pour la première fois dans l'histoire des traités de libre-échange entre le Canada et ses partenaires commerciaux, cette question est sur la table, a précisé M. Sinclair. Et elle crée des sueurs froides chez certains observateurs qui croient que les pêcheurs semi-hauturiers et les pêcheurs côtiers et les travailleurs d'usine en feront les frais.

Selon M. Sinclair, l'Union européenne veut carrément abolir «les exigences relatives à la transformation minimale du poisson» lesquelles «limitent l'exportation de poisson non apprêté».

Selon un document qu'il a obtenu, les Européens tiennent mordicus à l'élimination de ces règles provinciales en vigueur au Québec et à Terre-Neuve-et-Labrador.

Une entente sur le volet des pêches de l'accord de libre-échange Canada-Europe est «conditionnelle» à la «suppression des restrictions sur l'exportation», lit-on dans un rapport obtenu par M. Sinclair.

On précise en toutes lettres que l'on cherche à abolir toute exigence de faire transformer le poisson pêché sur les côtes canadiennes dans les usines canadiennes avant de le l'exporter à l'étranger.

Or, a signalé M. Sinclair, ces politiques font vivre les usines d'apprêtage du poisson au Québec et sur la côte atlantique. Si les provinces n'ont plus leur mot à dire à ce sujet, ce sont les grandes compagnies d'apprêtage qui décideront du sort de ces usines, craint-il.

Selon lui, Ottawa a tellement hâte de conclure une entente plus large sur le libre-échange «qu'ils seront tentés de céder à ce sujet».

Au bureau de ministre du Commerce international, Ed Fast, on n'a pas voulu confirmer les points en litige. On a fait valoir que le Canada cherchait à faire éliminer les droits de douane sur les exportations canadiennes des produits de la pêche, lesquels peuvent atteindre jusqu'à 25% dans certains cas.

L'élimination de ces obstacles tarifaires «permettrait d'accroître les ventes et profiterait directement aux pêcheurs, aux usines de transformation et aux travailleurs en créant des emplois, en faisant croître les salaires et en garantissant une prospérité durable», a souligné un porte-parole du ministre, Rudy Husny, par voie de courriel.

 
 
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