Ne pas hausser le RRQ

Un expert presse le gouvernement de ne pas céder aux pressions

Première publication 9 janvier 2013 à 20h12
Un expert presse le gouvernement de ne pas céder aux pressions
Crédit photo : Agence QMI
Par Annie St-Pierre | Agence QMI

Le maintien des régimes privés est essentiel au bon équilibre de la retraite au Québec car il serait risqué de miser uniquement sur la Régie des rentes.

L'expert Denis Latulippe, ancien actuaire en chef de la Régie des rentes, professeur titulaire et maintenant directeur de l'École d'actuariat à l'Université Laval, tient à lever un drapeau rouge sur la crise des régimes de retraite.

Dans une analyse publiée jeudi, il prévient le gouvernement de ne pas céder aux pressions en choisissant l'option de bonifier le régime des rentes du Québec pour assurer la retraite des Québécois.

«Ce choix ne ferait que mettre tous les œufs des travailleurs et des retraités dans le même panier avec un seul gestionnaire, ce qui est contraire à la règle de base en matière de finances», a-t-il exposé.

Certaines centrales syndicales, comme la FTQ, ont déjà fait cette proposition de rehausser les prestations de la Régie des rentes de 25 à 50% des revenus de travail. Une augmentation des cotisations serait inévitable. «C'est envisageable, mais de façon très modeste», considère M. Latulippe.

Par contre, l'effet ne serait perceptible qu'après une pleine carrière d'un travailleur, soit 30 ou 40 ans. «C'est pelleter le poids de ces retraites sur les générations futures et elles en ont déjà assez sur le dos avec la dette», a-t-il indiqué.

Les employeurs

Denis Latulippe, qui a été conseiller à l'ONU sur le sujet, est d'avis que c'est plutôt la responsabilité des employeurs de voir à la retraite des travailleurs, mais que les façons de faire doivent être modifiées.

Il suggère notamment un meilleur partage de risques entre patrons, salariés et retraités. Un tiers devrait voir à la retraite des travailleurs. «Le paiement des rentes des retraités devrait être fait par des institutions financières pour qui c'est leur métier», croit Denis Latulippe.

Le poids est devenu trop lourd à porter pour certains employeurs qui paient des rentes à d'anciens travailleurs depuis 15, 20 ou 25 ans, dans un contexte financier difficile, a-t-il exprimé. «On a vu ce que ça a donné dans le domaine des pâtes et papier», a-t-il ajouté pour illustrer la dynamique.

Les RVER

Au sujet de l'initiative gouvernementale d'instaurer des régimes d'épargne volontaire dans les entreprises sans qu'elles y cotisent, M. Latulippe considère que c'est un dangereux précédent.

«Ça peut devenir un passe-droit, a-t-il dit. Je considère qu'il devrait y avoir obligatoirement une participation de l'employeur même si elle est minimale, comme en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni.»

 
 
 
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