Débat en anglais du PLQ

Bachand attaque Couillard sur ses relations avec le Dr Porter

Première publication 26 janvier 2013 à 09h53
Mise à jour : 26 janvier 2013 à 22h27
Bachand attaque Couillard sur ses relations avec le Dr Porter
Crédit photo : Joel Lemay, Agence QMI
Raymond Bachand
Agence QMI

Raymond Bachand s'est montré particulièrement cinglant, samedi, à l'endroit de Philippe Couillard lorsqu'il l'a blâmé pour ses liens avec le Dr Arthur Porter, à l'occasion du troisième débat dans la course à la direction du Parti libéral du Québec.

«Lorsque nous étions en poste [le gouvernement libéral] en train de prendre des décisions difficiles, vous étiez en train de «faire équipe» avec Arthur Porter», a lancé Raymond Bachand à Philippe Couillard, durant un échange entre les deux candidats, lors du débat en anglais tenu à l'Université Concordia, à Montréal.

Des médias ont rapporté ces derniers mois que MM. Porter et Couillard avaient été partenaires dans une entreprise de consultants. M. Couillard aurait aussi précisé qu'il considérait M. Porter comme un ami.

De plus, le Dr Arthur Porter, un oncologue qui vit maintenant aux Bahamas, est cet ancien directeur général du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) qui a démissionné en 2011 et qui est, depuis, l'objet de soupçons de fraude, et recherché par l'escouade Marteau. La gestion du CUSM alors que M. Porter était à sa barre a été sérieusement remise en question. En décembre dernier, un rapport du CUSM indiquait que son déficit anticipé pour 2012-2013 sera d'au moins 61 millions $ et qu'il pourrait même s'élever à 115 millions $.

Raymond Bachand, Pierre Moreau et Philippe Couillard (Crédit photo: Joel Lemay, Agence QMI)

L'attaque de Raymond Bachand a aussitôt provoqué une huée chez une partie de l'auditoire.

«Je n'abaisserai pas le niveau du débat en faisant ce type d'attaque», a répliqué M. Couillard.

Après le débat, en présence des journalistes, Philippe Couillard a tenu à clarifier la situation.

«La dernière fois que j'ai vu M. Porter c'était à un événement en son honneur, auquel plusieurs personnes assistaient, a dit M. Couillard. Je n'avais rien à voir avec la mauvaise administration de l'hôpital, je n'étais pas mêlé à ça.»

«Je n'ai rien dit qui n'était pas déjà connu, a pour sa part indiqué M. Bachand aux journalistes. Pour ma part, je ne ferais jamais affaire avec quelqu'un que je ne connais pas.»

De son côté, le candidat Pierre Moreau, appelé à commenter la situation a simplement dit à deux reprises : «Je ne connais pas M. Porter!»

Courtiser les anglophones

Durant le reste du débat, les trois candidats ont à tour de rôle fait l'éloge de la minorité anglophone du Québec et salué ses convictions fédéralistes.

Les candidats ont tous été d'accord pour protéger les droits des anglophones au Québec et coopérer avec le gouvernement fédéral.

Raymond Bachand, l'ancien ministre des Finances a indiqué que les anglophones de la province «font l'objet d'attaques» par l'entremise de certaines des politiques du gouvernement péquiste au pouvoir.

Il s'est également engagé à maintenant «la qualité et la quantité» de la représentation anglophone dans la législature provinciale et à favoriser l'inclusion d'anglophones au sein des services publics, qui sont actuellement dominés par la majorité francophone.

Il a ajouté qu'il créerait un ministère pour la minorité anglophone, une proposition rejetée par les deux autres candidats.

Au sujet du fédéralisme, M. Bachand a indiqué qu'il serait prêt à travailler avec Ottawa et a rappelé certains dossiers sur lesquels Québec et le gouvernement fédéral ont collaboré avec succès, comme le retour de la Formule Un à Montréal, et la mise sur pied du projet de l'avion CSeries de Bombardier.

L'ancien ministre de la Santé, Philippe Couillard a pour sa part dit que «les enjeux anglos sont les enjeux du Québec». Il a soutenu qu'un ministère dédié aux anglophones «créerait des divisions au Québec sur le plan linguistique».

Après le débat, M. Couillard a précisé aux journalistes qu'il accueillait favorablement l'éventualité d'un développement de la communauté anglophone.

«Bien sûr (j'accueille ce développement), a-t-il dit. J'envie les jeunes anglophones qui sont couramment bilingues, en comparaison avec la situation (dans la communauté francophone) où nous n'avons pas suffisamment d'enfants bilingues.»

Il a également précisé à l'auditoire qu'il était un fédéraliste engagé.

L'ancien ministre des Transports, Pierre Moreau a indiqué durant le débat qu'il souhaitait que le pourcentage d'anglophones dans les services publics de la province reflète les données démographiques du Québec.

Après le débat, il a nié qu'il s'agissait d'une politique difficile à mettre en œuvre.
«C'est une simple question de refléter la société dans laquelle nous vivons», a-t-il dit. M. Moreau a soutenu qu'il était un fédéraliste convaincu, même s'il n'était pas particulièrement satisfait du gouvernement actuel à Ottawa.

«Quand vous n'êtes pas content du gouvernement (fédéral), vous ne changez pas les pays, a-t-il ajouté. Vous changez de gouvernement.»

Un autre débat, en français cette fois, est prévu pour dimanche, à Gatineau.

 
 
 
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