Cinquième débat du PLQ à Rimouski

Gentilly dans la mire de Bachand

Première publication 2 février 2013 à 07h39
Mise à jour : 2 février 2013 à 23h32
Par Charles Lecavalier | Agence QMI

Si Raymond Bachand prend la tête du Parti libéral du Québec, il va réexaminer la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2. «C'est une décision qu'on va réexaminer», a lancé le candidat à la direction du PLQ, en conférence de presse à la fin du dernier débat de la course, samedi, à Rimouski.

L'ancien ministre des Finances taxe les péquistes «d'hypocrisie» en justifiant la fermeture de la centrale par des motifs économiques.

«Le PQ dit qu'il ferme Gentilly parce qu'à neuf sous [le kilowattheure], c'est trop cher. En même temps, ils vont faire un appel d'offres pour de l'énergie éolienne au même prix», a-t-il dénoncé.


(Crédit photo: Agence QMI)

Il s'oppose ainsi au président et chef de la direction d'Hydro-Québec Thierry Vandal.

M. Vandal soutient que le projet de réfection de la centrale ne pouvait plus se «justifier financièrement» et que les libéraux avaient eux des «signaux» à partir de l'été 2008.

M. Bachand s'est permis d'ailleurs de remettre en doute les analyses de la société d'État dans ce dossier. «Quelles sont les vraies différences de prix?», a-t-il demandé.


(Crédit photo: Agence QMI)

«Serrer la vis d'Hydro»

M. Bachand n'est pas le seul à douter de la véracité des analyses de surplus électriques de la société d'État. Pierre Moreau soupçonne Hydro-Québec de manquer de rigueur et croit qu'il faut lui «serrer la vis».

«Dans le dossier [de la centrale thermique de] Suroît, on avait le PDG d'Hydro [André Caillé] qui nous disait qu'on allait manquer d'électricité, a expliqué M. Moreau. Les réservoirs des barrages se sont refaits à l'automne suivant.»

Cette réalité avait mené à l'abandon du projet, en 2004. Il veut «exiger» d'Hydro-Québec de la «rigueur» et de la «transparence».

Oui aux hydrocarbures

Les trois candidats à la direction du parti sont en faveur du développement tous azimuts de la filière énergétique au Québec. Grands barrages, champs d'éoliennes, gaz de schiste et pétrole, tout est sur la table.

Le candidat Bachand a d'ailleurs souligné la position «unanime que nous avons sur les ressources naturelles».

Philippe Couillard a ajouté que, «comme nation», le Québec ne peut se permettre «de ne pas exploiter les hydrocarbures».
«Que ce soit les gaz de schiste, le pétrole de schiste d'Anticosti, le pétrole souterrain à Gaspé ou le pétrole dans le golf avec le projet Old Harry», a précisé l'ancien ministre de la Santé.

Pierre Moreau s'attaque à l'UPA

Pierre Moreau a remis en question, samedi, le monopole syndical de l'Union des producteurs agricoles du Québec, lors du débat des candidats à la direction du Parti libéral du Québec.

«Le Québec est le seul endroit du monde où il y a un syndicat unique qui représente tous les agriculteurs et c'est un modèle qui date de 40 ans», a lancé le candidat à la succession de Jean Charest.

Il croit qu'avec une agriculture moderne, qui ne fait plus que du lait et des céréales, mais aussi de la «viande bio» et des «petits fruits», il faut «laisser le choix» aux agricultures de s'affilier ou non. Il reprend ainsi une conclusion du rapport Pronovost sur l'avenir de l'agriculture, tabletté par son propre parti en 2008.

«L'agriculture a changé, a-t-il dit. Ce que je propose, c'est de poser la question aux agriculteurs si oui ou non ils souhaitent ce monopole syndical. Si la réponse est oui, ils l'auront décidé. Si la réponse est non, on va aller voir ce qui se fait ailleurs dans le monde.»

Couillard et Bachand prudents

Ses deux adversaires ont été beaucoup plus prudents sur cette question. Ils n'ont d'ailleurs pas remis en doute, à tout le moins directement, la pertinence de ce monopole syndical.

M. Moreau s'est fait le porte-parole des «60 000 personnes qui reçoivent des revenus directs de l'agriculture». Il n'a toutefois pas précisé si des mesures additionnelles du territoire agricole devraient être prises. Selon la Coalition pour la protection du territoire agricole, plus de 4000 hectares de terres agricoles disparaissent chaque année au Québec.

C'est la troisième fois que Pierre Moreau réussit à s'imposer dans un débat en mettant en jeu une idée forte. À Montréal, il proposait un débat sur l'abolition des cégeps et à Québec, il a demandé une commission Charbonneau permanente.

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