Construction du canal Rideau

Hommage tardif aux ouvriers

Première publication 20 juin 2013 à 20h31
Hommage tardif aux ouvriers
Crédit photo : Agence QMI
Par Normand Rhéaume | TVA Nouvelles

Les autorités fédérales ont décidé de souligner la contribution des milliers d'ouvriers qui ont construit le canal Rideau, dont des centaines voire un millier ont trouvé la mort durant les travaux très pénibles et marqués par des épidémies de malaria.

Aménagé entre 1826 et 1832 comme ouvrage militaire de navigation, le canal Rideau fait partie du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le gouvernement canadien a annoncé que deux plaques commémoratives seront installées sur le parcours du canal Rideau, long de 202 kilomètres, pour corriger les informations historiques qui, depuis 88 ans, banalisaient ou ignoraient le rôle déterminant des ouvriers dans la construction de l'ouvrage reliant la rivière des Outaouais et le lac Ontario.

Les Canadiens français et les Irlandais ont formé la grande majorité de la main-d'œuvre que dirigeaient l'armée britannique et son corps d'ingénieurs (Royal Engineers), de même que des entrepreneurs privés.

La reconnaissance tardive de la contribution des ouvriers du canal Rideau souligne les conditions de travail pénibles qui leur étaient imposées, alors que l'armée britannique tentait de prendre le contrôle du continent nord-américain convoité également par les États-Unis.

À l'ombre des falaises sur lesquelles trône le Château Laurier, un monument de pierre dans la tradition celtique a été érigé «À la mémoire des 1000 travailleurs et leurs familles qui sont morts en construisant le canal».

La Commission de la capitale nationale explique aux nombreux touristes qui visitent Ottawa que «les ingénieurs ont tracé un chenal à travers le roc du bouclier canadien à l'aide d'explosifs, mais que ce sont des hommes armés de pics, de pelles, de ciseaux et de maillets qui ont exécuté le dur labeur physique».

«Plus de 2000 travailleurs ont creusé le chenal, brisé le roc et transporté les débris. Des centaines d'entre eux sont morts d'accident, de maladie et de froid durant les travaux», explique l'organisme fédéral.

Une nouvelle brochure de Parcs Canada donne plus de détails sur les conditions de travail des ouvriers affectés à la construction du canal Rideau.

«Les ouvriers travaillaient dur, de 12 à 16 heures par jour, six jours par semaine en été... Le plus grand risque que couraient les travailleurs était de tomber malade.»

Sur le canal Rideau, c'est la «fièvre des marais», en fait la malaria, qui touchait le plus les ouvriers.

«Bien qu'aucune donnée statistique fiable n'ait été conservée à ce sujet, certains historiens estiment que jusqu'à un millier d'ouvriers ont perdu la vie dans les chantiers du canal.»

 
 
 
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