Charte des valeurs québécoises

Françoise David attristée des propos de Janette Bertrand

Première publication 17 octobre 2013 à 07h02
Françoise David attristée des propos de Janette Bertrand
Crédit photo : archives, Agence QMI
Françoise David
Par Geneviève Lajoie | Agence QMI

Janette Bertrand a des préjugés à l'égard des femmes voilées, estime la co-porte-parole de Québec Solidaire, Françoise David, attristée des déclarations de l'auteur.

«Mme Bertrand, par ses propos, illustre un préjugé, elle qui les a tant combattu», a dit la députée de Gouin.

Signataire d'une lettre en faveur de la charte des valeurs du gouvernement Marois publiée en début de semaine, Janette Bertrand estime que les femmes musulmanes qui portent le voile sont manipulées.

En entrevue à La Presse, l'ancienne animatrice de télévision a exprimé des craintes à consulter par exemple une médecin qui porte le hidjab : «Je n'aimerais pas être soignée par une femme voilée. J'aurais peur. Je me dirais : tout d'un coup, dans sa religion, qu'on ne soigne pas autant les femmes que les hommes, qu'on laisse partir les vieux plus vite».

Pour Françoise David, ce genre de discours ne fait pas avancer le débat sur la laïcité, au contraire. «Ça s'appelle un préjugé, vraiment là, et peut-être que Mme Bertrand en disant cela se fait l'écho de certaines peurs ou certains malaises vécus par mes concitoyens, a-t-elle souligné. Je les invite vraiment à s'informer parce qu'on ne peut pas dire des choses comme ça.»

Les propos d'une autre signataire de la missive, la metteure en scène Denise Filiatrault, qui a traité les femmes voilées de «folles», ne sont pas plus excusables, selon la députée solidaire.

Ce mot a trop souvent été accolé aux femmes qui essayaient de prendre leur place par le passé, que ce soit par des politiciens ou des hommes d'église, croit-elle. «Entre féministes et entre femmes, on devrait éviter ce genre de vocabulaire», a-t-elle ajouté.

Selon Françoise David, ce genre de propos dénote une «sorte de méconnaissance de l'autre».

Les femmes musulmanes qui portent le hidjab au Québec ne réclament pas un État islamique, ne sont téléguidées par personne, a-t-elle poursuivi : «Peut-être qu'il faudrait qu'on apprenne un peu à se parler et se connaître...».

Québec solidaire a récemment déposé un projet de loi sur la laïcité. Mme David estime qu'on ne doit pas interdire le port de signes religieux apparents à l'ensemble des employés de l'État, comme le préconise le PQ. Seuls les juges, les policiers et les gardiens de prison devraient afficher la neutralité religieuse, comme le recommande le rapport Bouchard-Taylor.

 
 
 
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