Commission Charbonneau

Le très attendu Michel Arsenault à la barre lundi

Première publication 24 janvier 2014 à 08h20
Mise à jour : 24 janvier 2014 à 09h14
Par Mélanie Colleu | Agence QMI

Le président sortant de la FTQ, Michel Arsenault, amorcera un témoignage très attendu lundi matin, au cours duquel il devra s'expliquer sur les nombreuses écoutes électroniques qui l'ont éclaboussé ces derniers mois à la commission Charbonneau.

Michel Arsenault a quitté ses fonctions à la tête de la centrale syndicale cet automne «l'esprit tranquille» en réglant ses comptes avec les médias et la commission d'enquête. «À tort et à travers, l'intégrité de la présidence de la FTQ a été entachée dans un tumulte médiatique entretenu avec acharnement», a-t-il déclaré dans son dernier discours.

Le syndicaliste a toujours nié que certains entrepreneurs, comme Tony Accurso, avaient pu bénéficier d'un accès privilégié au Fonds de solidarité, et dit ignorer l'existence de partenariats douteux avec des membres du crime organisé.

L'année dernière, il s'est farouchement opposé à la diffusion des écoutes électroniques captées lors de l'enquête Diligence de la Sûreté du Québec, aux audiences de la commission.

Mais il a perdu son long combat juridique et depuis, une partie de ces preuves ont été rendues publiques. Michel Arsenault semblait ainsi en savoir bien plus que ce qu'il ne voulait bien prétendre.

Tony Accurso, son confident

Plusieurs écoutes renversantes ont ainsi révélé que non seulement l'ancien président de la FTQ était proche de l'entrepreneur Tony Accurso, mais qu'il lui confiait des secrets internes à la centrale.

«Keep it for you, mais il y a une taupe au Fonds de solidarité. C'est impossible que les journalistes sachent tout ça (...). Faut pas paniquer, faut pas qu'tu parles aux journalistes», dit-il à l'homme d'affaires.

Il lui explique ensuite qu'il va devoir écarter Jean Lavallée, le président de la FTQ-Construction de l'époque, du syndicat. «Johnny, son chien est mort, Tony. Je suis plus capable de rien faire. Le monde le déteste. Va falloir que j'le ramasse, y va être en tabarnak. J'espère qu'il fera pas d'gaff. Y peux-tu s'mettre à placotter?» s'inquiète-t-il auprès de Tony Accurso.

Michel Arsenault a déjà admis être allé une fois sur le célèbre yacht de l'entrepreneur, comme beaucoup d'autres hauts dirigeants syndicaux.

«On va parler à Pauline»

Une autre conversation entendue cette semaine a dévoilé qu'en 2009, le prochain témoin et Jean Lavallée envisageaient de contacter leurs «amis du PQ» pour ne pas qu'ils encouragent la tenue de la commission Charbonneau.

«On va parler à Pauline» dit Arsenault à son interlocuteur, ajoutant que la FTQ avait «un deal avec Blanchet», le mari de la première ministre.

À l'époque, au cours d'un échange avec Élaine Zakaïb, la présidente des Fonds de solidarité régionaux de solidarité (aujourd'hui ministre péquiste), il avait demandé à cette dernière de se taire sur le traitement privilégié que le Fonds réservait à M. Accurso. En effet, Mme Zakaïb lui confiait avoir remarqué que les concurrents de l'entrepreneur étaient «bloqués» au Fonds dans toute la région de Montréal.

Double jeu d'Arsenault

Par ailleurs, d'autres écoutes sont venues totalement contredire la version de Michel Arsenault sur le fiasco des factures de Jocelyn Dupuis.

À l'automne 2008, le président de la plus grande centrale syndicale du Québec a été informé des allocations de dépenses exorbitantes de Jocelyn Dupuis. Il avait alors crié au scandale en affirmant avoir montré la porte à l'ex-DG de la FTQ-Construction (FTQ-C).

Mais les conversations téléphoniques enregistrées entre les deux hommes à l'époque dévoilent un tout autre visage de M. Arsenault : celui d'un président nullement préoccupé par les fameuses factures, qui continue même d'expliquer la marche à suivre à M. Dupuis pour obtenir un prêt du Fonds de solidarité de la FTQ.

Pot-de-vin de 300 000 $Enfin, deux témoins ont également affirmé qu'un «Italien» lui avait offert un pot-de-vin afin qu'il soutienne le dossier d'une entreprise de décontamination chapeauté par le caïd Raynald Desjardins, auprès du Fonds de solidarité.

Michel Arsenault a toujours nié dur comme fer la tenue d'une telle rencontre. Il aura à s'expliquer sur de nombreux sujets à partir de lundi.


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