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Les trois principaux partis en campagne électorale ne s'entendent pas sur la gouvernance de Montréal. Ils n'acquiescent pas non plus à la demande de faire monter l'immigration économique.
C'est ce qui ressort d'un débat organisé vendredi matin par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
La centaine d'élus montréalais rend la Ville surgouvernée, a souligné Stéphane Le Bouyonnec, candidat de la Coalition avenir Québec dans La Prairie.
«On sait très bien que la Ville est dysfonctionnelle, a-t-il dit. Nous réduirons le nombre d'élus à moins de 50 et nous recentraliserons les pouvoirs.»
Selon lui, les libéraux ont «abandonné Montréal».
Diane De Courcy, candidate du Parti québécois dans Crémazie, ne veut pas revenir sur ce débat. Elle a qualifié de «totalement inutile» l'idée d'«affaiblir Montréal» en changeant une nouvelle fois sa structure.
Pierre Moreau, candidat libéral dans Châteauguay et ministre des Transports, est d'accord avec elle. À son avis, les Montréalais «ne souhaitent plus jamais vivre l'épisode des fusions municipales qui leur a été imposé» par le PQ.
Selon lui, la CAQ ne fait que proposer un coup de hache dans l'administration montréalaise. Il a précisé que la plus grande ville du Québec peut déjà étendre ses pouvoirs sur les arrondissements avec les règles actuelles.
Mme De Courcy prône toutefois la nomination d'un ministre de la Métropole, un poste qui existait lors du dernier règne péquiste.
La recentralisation proposée par la CAQ plaît à Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. «Avant de parler du nombre d'élus, nous voulons renforcer la ville centre, a-t-il ajouté. C'est le principal défi à relever. Lorsque Montréal prend une décision, il faut pouvoir passer rapidement à l'action.»
«La possibilité d'avoir un ministre de la Métropole puissant, dont la responsabilité est bien articulée pourrait être utile, a-t-il affirmé. Raymond Bachand (ministre responsable de la région de Montréal) n'a pas nécessairement tout l'appui dont il a besoin [au gouvernement]»
D'autre part, le débat sur l'immigration économique est revenu sur le tapis. La Chambre de commerce souhaite augmenter le nombre de nouveaux arrivants, qui est d'environ 50 000 par année au Québec.
Or, Stéphane Le Bouyonnec, de la CAQ, a indiqué qu'il faut plutôt réduire le chiffre à 45 000 afin de faire une meilleure intégration.
M. Le Bouyonnec estime que les immigrants peinent à trouver des emplois convenables. «C'est un peu comme si nous importions du chômage, a-t-il dit. Il faut se donner le temps de faire une pause et de s'adapter.»
Les deux autres partis prêchent la stabilité à 50 000.
Au PQ, Diane De Courcy pense que «l'entrepreneur n'a pas le temps de franciser» les immigrants et qu'il faut lui fournir de l'aide.
Ces points de vue ont déçu Michel Leblanc.
«Les entreprises veulent avoir accès à une main-d'œuvre qualifiée et nous avons besoin de davantage d'immigrants, a-t-il fait savoir. En Europe, il y a des jeunes bien formés qui ont l'impression que l'avenir est bouché. Nous espérons que les partis modifieront leur vision. Nous pouvons améliorer l'intégration et en accueillir plus.»
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