La guerre des tarifs d'Hydro-Québec

Legault relance les hostilités avec Marois

Première publication 20 août 2012 à 13h10
Mise à jour : 20 août 2012 à 19h33
Par Marianne White et Jean-Luc Lavallée | Agence QMI

Le Parti québécois s'est engagé lundi à annuler la hausse des tarifs d'hydroélectricité prévue par les libéraux, accusant du même souffle François Legault de cacher aux Québécois son intention de les augmenter.

François Legault, qui répète ad nauseam qu'il n'a pas l'intention d'augmenter les taxes, ni les impôts ni les tarifs, a confirmé lundi matin qu'il entendait respecter les hausses de tarifs d'électricité pour 2014-2018, qui ont déjà été annoncées par les libéraux.

Ainsi, d'ici 2018, l'État engrangerait 1,6 milliard $ de plus, soit une hausse de tarif d'Hydro-Québec de 377 $ par année par famille.

Bien que Legault soutienne que ce ne sont pas de nouvelles hausses, le PQ l'a accusé d'avoir caché cette information jusqu'à ce qu'il soit pressé de la dévoiler par la chef péquiste lors du débat des chefs dimanche soir.

«Ce que dit François Legault, ce n'est pas la vérité», a soutenu le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville lors d'un point de presse à Montréal. «Il doit dire aux Québécois qu'il veut augmenter les tarifs, que ce soit clair», a-t-il ajouté.

Le PQ estime que cette hausse est inacceptable pour les Québécois, car le bloc patrimonial, qui est gelé depuis une dizaine d'années, doit demeurer bas, parce que c'est en quelque sorte un contrat social entre les Québécois et l'État qui est propriétaire de la société d'hydroélectricité.

«Le PQ ne haussera pas les tarifs d'électricité du bloc patrimonial», a affirmé son collègue Nicolas Marceau.
Selon les hausses prévues par les libéraux et endossées par la CAQ, le bloc patrimonial va passer de 5,3 cents à 6,3 cents pour les 30 premiers kilowatts/heure consommés.

M. Marceau a réaffirmé par ailleurs que le PQ compte sur la hausse des redevances minières pour regarnir les coffres de l'État plutôt que sur la « solution facile » des hausses de tarifs.

Il a avancé que selon les estimations du parti, le Québec pourrait ainsi aller chercher 388 millions$ de plus par année.

Legault pare les coups

Fait inusité, plus tôt en journée, lundi, le chef de la Coalition avenir Québec a paré les coups de ses adversaires péquistes en tenant une conférence de presse de réaction, avant celle du PQ. «Au budget 2010, Raymond Bachand et le gouvernement Charest ont annoncé que pour réduire la croissance de la dette au Québec, il y aurait une augmentation des tarifs d'électricité entre 2014 et 2018. Nous, par souci d'équité entre les générations, on a appuyé le gouvernement Charest. Ce n'est pas d'hier. Là, Mme Marois vient de se réveiller...», a-t-il lâché.

Le chef caquiste a profité de l'occasion pour interpeler Pauline Marois pour lui demander à nouveau le dépôt de son cadre financier, accusant la chef péquiste de vouloir augmenter la dette «comme ça ne s'est jamais vu au Québec ». En refusant d'augmenter les tarifs d'Hydro-Québec, elle ferait «peut-être pire que M. Charest », qui est responsable du tiers de la dette québécoise, s'est-il insurgé.

Nicolas Marceau a soutenu que le PQ suit son plan de match et va déposer son cadre financier plus tard en campagne, mais il a laissé transparaître son impatience.

«On a hâte que les Québécois puissent comparer notre cadre financier avec celui des autres partis », a-t-il lâché.
Rappelons que la Coalition prévoit réduire les dépenses de 600 millions d'ici cinq ans chez Hydro-Québec en abolissant 4000 postes par attrition. «Personne ne va perdre son emploi», a-t-il répété. «D'ici 2018, il y aura 6000 personnes qui vont prendre leur retraite de façon volontaire.»


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