Face à face Charest/Marois à TVA

Des échanges musclés

Première publication 20 août 2012 à 21h35
Mise à jour : 20 août 2012 à 22h45
Par Michel Bellemare et Marilyse Hamelin | Agence QMI

Le premier Face à face diffusé par TVA lundi soir opposant le premier ministre Jean Charest et la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a commencé en lion, un rythme qu'il a maintenu jusqu'à la toute fin.

Dans les toutes premières minutes de leur duel, les deux leaders, sur le thème de la gouvernance, se sont tour à tour, et à un rythme très soutenu, attaqués et défendus d'être plus intègre l'un que l'autre.

L'animateur Pierre Bruneau avait, pour lancer les discussions, posé sa première question au chef libéral, lui demandant qu'elle était sa part de responsabilité dans la situation que vit le Québec depuis des mois : accusations et allégations de corruption de toutes parts, classe politique éclaboussée, scepticisme de la population...

(Photo TVA Nouvelles)

«Ma responsabilité en est une de premier ministre», a répondu M. Charest, ajoutant qu'il s'agit d'une responsabilité «d'agir» et que c'est ce que son gouvernement a fait en adoptant des lois, en créant l'UPAC, la commission Charbonneau, en contrant le travail au noir, etc.

Il a accusé Pauline Marois d'être responsable du dur coup ressenti par la classe politique l'ayant accusé à répétition sans preuve, « dans le seul but de nuire».

«Vous l'avez inventé le déficit, a lancé Mme Marois. Dites-le sans rire.»

«Vous devez vous en prendre à vous-même, a rétorqué Pauline Marois. Pendant deux ans et demi, nous avons posé 600 questions, 80 % des Québécois souhaitaient une commission d'enquête, si vous l'aviez fait vous auriez rassuré les Québécois. La commission Charbonneau va faire la lumière; pourquoi faire les élections avant?»

Jean Charest s'est défendu en revenant sur la commission Moisan qui avait statué que le PQ, alors que Pauline Marois était au gouvernement, avait reçu du financement irrégulier tout en le sachant.

«Ce n'est pas vous qui allez me donner des leçons d'intégrité, a répliqué Mme Marois en haussant le ton. [...] C'est indécent, jamais je n'accepterais qu'une de mes ministres ne déjeune avec un membre de la mafia.» Elle a affirmé qu'avec un gouvernement du Parti québécois, ça serait tolérance zéro à cet égard.

Jean Charest a répondu : «Je n'accepterai jamais comme premier ministre du Québec que vous remettiez en cause mon intégrité et celle de mon gouvernement [...] La campagne de salissage que vous avez menée a fait mal à toute la classe politique.»

(Photo TVA Nouvelles)

Segment «politiques sociales»

L'animateur Pierre Bruneau a adressé la première question de ce segment à Pauline Marois, lui demandant de dire si elle était pour ou contre une hausse des frais de scolarité.

La chef péquiste a été claire: « Je suis contre une hausse des frais de scolarité. Ce que je propose c'est d'annuler la hausse des frais de scolarité imposée par le gouvernement actuel [...] puis de tenir un sommet où la position proposée par le Parti québécois sera l'indexation. » Elle a aussi expliqué que son gouvernement annulerait « l'infâme » loi 78, adoptée par le gouvernement pour tenter de mettre fin au conflit étudiant il y a maintenant plusieurs semaines.

«Vous avez divisé les Québécois et vous n'avez pas été capable d'établir un dialogue avec les étudiants. [...] Vous avez manqué à vos responsabilités, vous avez abdiqué. [...] Un premier ministre doit se tenir debout même quand vient le temps de prendre des décisions impopulaires.»

«Moi, je pense que, dans une classe où il y a 20 étudiants, si 15 votent un boycottage, je pense que les cinq autres ont le droit d'avoir accès à leurs cours, a répondu le premier ministre. [...] C'est un droit fondamental au Québec.»

Puis, Pauline Marois en a remis : «C'est nos enfants qui étaient dans la rue et qui défendaient une position que j'estime raisonnable [...]. Moi, j'ai fait le choix du dialogue [...]. Vous les avez laissés dans la rue pendant des mois; on ne fait jamais ça comme premier ministre.»

(Photo Agence QMI)

Sur la question des politiques sociales, toujours, Pauline Marois s'est targuée d'avoir toujours géré les finances publiques de façon responsable. Son interlocuteur l'a accusée d'avoir laissé un déficit de 4,3 milliards$.

«Vous l'avez inventé le déficit, a lancé Mme Marois. Dites-le sans rire.»

Par la suite, lors d'un débat musclé sur les problèmes du système de santé, Pauline Marois a lancé : «J'espère vraiment que vous n'aurez pas de quatrième mandat».

«Sur la question de la santé, les Québécois ne souhaitent certainement pas que vous reveniez», a répliqué M. Charest.

Segment «économie»

La question du Plan Nord a évidemment été abordée dans cette portion du débat.
Pierre Bruneau a demandé à Mme Marois si elle poursuivrait le Plan Nord mis en place par le gouvernement Charest.

(Photo Agence QMI)

Elle a dit que son parti respecterait les engagements déjà pris, mais qu'il aurait son propre Plan Nord. Elle a souligné que ce plan avait d'ailleurs déjà été annoncé il y a plusieurs années.

M. Charest a pour sa part défendu son Plan Nord, réitérant, notamment, que «les jobs dans le Nord sont des jobs dans le Sud» et insistant sur le fait que des entreprises de Montréal travaillent pour le développement du Nord.

Segment «question nationale et identité»

Dans la dernière partie du face-à-face, questionnée à savoir s'il y aurait ou non un référendum dans un premier mandat du PQ, Mme Marois a répondu que « le 4 septembre prochain, il faut changer de cap, de gouvernement [...]». «Le 4 septembre, c'est pas un référendum. [...] Je suis une souverainiste [...], moi, je crois que le Québec est capable d'être souverain. [...] Je ferai un référendum au moment où j'aurai l'assurance qu'une majorité de Québécois seront d'accord pour que nous devenions un pays. [...] Je suis très franche avec les Québécois, je veux me garder la possibilité de tenir un référendum si nécessaire et au moment où c'est nécessaire.»

«C'est exactement le contraire de la franchise. Vous dites : ‘moi, je vais vous faire un référendum quand ça va faire mon affaire'. [...] Vous jouez au casino avec l'avenir des Québécois», s'est insurgé Jean Charest, disant qu'une telle politique créerait de l'instabilité dans un climat économique mondial déjà instable.


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